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vendredi 11 septembre 2009

Au secours, je perds mon jeu

Les périodes de doutes sont très fréquentes au poker. Il y a des hauts et des bas plus ou moins longs, c’est ce qu’on appelle la variance. Cette variance est supposée désigner des résultats moins bons ou meilleurs que ceux que l’on aura en moyenne étant donné notre niveau de jeu moyen. Cependant, parfois, la variance n’est pas la seule explication. Un joueur qui avait l’habitude d’être gagnant devient perdant, ou a l’impression de stagner, de ne plus progresser. Dans le pire des cas, nous aurons même l’impression d’accumuler les erreurs et de ne plus savoir jouer. Quelles peuvent en être les raisons ? Comment retrouver de bonnes lignes de jeu sobres et efficaces ? Voici quelques points de réflexion qui peuvent expliquer une baisse de résultats autrement que par le sempiternel « Je run bad ».



Le joueur était il vraiment gagnant ?


La question est abrupte et dérangeante pour l’égo. Étais-je vraiment gagnant ? Sur quel échantillon ai-je fait mon estimation ? En cash game, il est souvent admis que tout échantillon inférieur à 10 000 mains n’est pas représentatif. En tournoi, l’échantillon minimum doit être de plusieurs centaines de tournois. Si l’estimation porte sur des estimations plus faibles, il n’est pas impossible que le joueur ait bénéficié d’une bonne période et que son estimation soit faussée.

Le joueur a-t-il pris en compte tous ses résultats ? Ne pas compter ses périodes de tilt pour calculer son winrate en cash game, ou ne pas compter cette série de 100 sit and go catastrophique sous prétexte que cette semaine là, le joueur était vraiment fatigué et n’aurait pas du jouer fausse évidemment la donne. Combien de périodes de tilt se produisent en 10 000 mains ? Combien de semaine par an cet autre joueur joue-t-il fatigué ?

Occulter ces mauvaises périodes consiste à évaluer le potentiel de son meilleur jeu, mais malheureusement, on ne joue pas son meilleur jeu en permanence. Ce peut d’ailleurs être un axe progression : essayer de jouer son meilleur jeu le plus souvent possible.

La montée de limite


Inévitablement, quand on monte de limite, on affronte des joueurs plus forts techniquement et mentalement. Et forcément, on gagne en général moins et moins souvent. De plus, le jeu peut être différent aux limites supérieures, et il faut un temps d'adaptation pour maîtriser de nouvelles subtilités techniques, ou encore pour s’apercevoir que certains enchaînements de mise n’ont plus la même signification, qu’il y a quelques pièges dans les range de nos adversaires, etc. En bref, il faut le temps de s’adapter. De plus, nos amis qui nous livraient 100bb en cash game sur un mauvais bluff, ou qui nous faisaient doubler régulièrement dans le premier niveau du Sit And Go se font de plus en rare. Il faut se battre pour chaque jeton, et la bataille est de plus en plus rude.



La modification de son jeu


Dans sa quête de progression, le joueur est amené à faire évoluer son jeu. Faut-il nécessairement essayer de devenir Loose Agressive en cash game short handed quand on est tout juste un joueur Tight Semi Agressif correct de Sit And go? Rien n'est moins sûr. Après la mise en place d'un jeu serré et prudent, qui souvent permet d'obtenir de bons résultats aux petites limites, le joueurs essaye d'élargir son jeu, et d'être plus agressif. Cette modification peut être compliquée. Elle demande une grande habileté dans le jeu postflop et la lecture des joueurs adverses. Une évolution LAG mal réalisée peut être catastrophique. Conséquence, au lieu de devenir LAG, le joueur devient plutôt l’ami de tous les réguliers. La portée des modifications dans son jeu est assez difficile à évaluer au poker. Chaque modification peut avoir des résultats trompeurs à court terme à cause de la variance, du timing, des joueurs ciblés. Modifier trop d’aspects de son jeu à la fois va rendre encore plus difficile l’appréciation de la qualité de chaque modification. Enfin, changer radicalement son jeu va modifier son image à la table, ce qui fait une chose de plus à laquelle s’adapter.

La poussée d'égo

Alors qu'au début le joueur novice redoutait et respectait tout le monde, et du coup évoluait avec beaucoup de prudence et de pondération, le joueur après quelques mois de succès peut se sentir pousser des ailes et décider qu'il est temps de commencer à raser les tables. Conséquence, il sur joue beaucoup de mains et s'empale régulièrement contre les monstres des autres joueurs qui continue de jouer leur jeu serré et patient. Une fréquence de bluff trop élevée, une sélection trop loose préflop, l’abandon du respect de la position ou encore arrêter de sélectionner ses parties peuvent être des erreurs fréquentes en cas d’excès de confiance.


Le tilt

Dans l’excellent « Poker Mindset », le tilt décrit tout état particulier ou le joueur ne joue pas son meilleur poker. Les raisons peuvent être très variées. Une des causes de tilt les plus répandues est le bad beat, mais aussi la réussite globale du joueur durant ses dernières sessions. Lorsque le joueur débute, il cherche tout d'abord à ne plus perdre d'argent. S'il atteint cet objectif, il va jouer de plus en plus sereinement. Il fait de moins en moins d'erreurs, et gagne de plus en plus. Du coup, il encaisse assez bien les bad beat. "Ça devait arriver". "C'est le poker". Le joueur s'émerveille de ne plus perdre et de monter petit à petit une bankroll. Dans la seconde phase, le joueur modifie son jeu, monte de limite, prend confiance et se donne des objectifs plus élevés. La modification de son jeu fait que cela se passe un peu moins bien. Il reperd peut être même un peu d'argent. En tout cas, il est loin de ses nouveaux objectifs. Dans cette situation, la frustration commence à grandir. Le joueur est beaucoup plus sensible aux bad beat. Le tilt n'est pas loin. Et si le tilt se déclare, c'est une spirale négative qui s'enchaîne. Pertes record, frustration grandissante, tilt plus violent, perte de confiance... En fait, la stagnation initiale n'est due au départ qu'à des erreurs dues à de mauvaises applications des nouveaux concepts appris d'une part, et au fait d'affronter de meilleurs joueurs d'autre part. Ensuite, le tilt fait le reste.


Se fixer des objectifs irréalistes ou à trop court terme.


Fort de quelques succès, et d'une bankroll naissante, le joueur commence à avoir de grands projets. Dans un mois une bankroll de telle valeur, puis montée de limite. Le joueur réajuste un peu le ROI ou le gain horaire à la baisse, puis remontée de limite, ... et dans « x » mois, le joueur se voit bien passer pro... Quel joueur dans une bonne période de réussite n'a jamais eu ce délire au moins l'espace d'un instant ? Avoir de l'ambition est une bonne chose. Mais le scénario catastrophe est aussi bien connu : La première montée de limite se passe bien, puis quelques difficultés dues aux meilleurs joueurs ou a une mauvaise passe surviennent. Le joueur prend un peu de retard sur son tableau de marche, force un peu et fait quelques erreurs. L'écart sur le planning se creuse, et le joueur se frustre. Dans cette période de frustration, il réagit mal à un ou deux bad beats classiques, et c’est parti pour un tilt en bonne et due forme. La bankroll y passe en partie ou en totalité et tout est à refaire.


Les cycles, les rushs, les bads runs existent, même si on ne peut que les constater après coup. Au poker, on ne choisit pas quand rentre l'argent à court terme. Se fixer des objectifs quantitatifs au niveau des résultats est un exercice périlleux. Ils sont parfois irréalistes, ou sans aucun sens sur une période trop courte. Ils peuvent causer beaucoup de dégâts sur la confiance et la motivation en cas d’échec. Ils nous détournent parfois de l’objectif lorsque l’on joue :

Qui sont ces joueurs ? Quel est leur style ? Quelles sont leurs erreurs ? Quelle est la bonne stratégie pour les battre ? Sont-ils stables ou changent-ils de stratégie et de rythme ? Quelles sont leurs habitudes quand ils sont forts et quand ils sont faibles ? Bluffent-ils ? A quelle fréquence ? Dans quelles conditions ? etc…


Le poker un est jeu de patience et un jeu d'erreurs. Les meilleurs sont les plus patients, ceux qui savent attendre les bonnes opportunités (et même les provoquer), et ceux qui font le moins d'erreur. Il m'arrive de temps en temps d'ouvrir une table de cash game à une limite au dessus de la mienne pour regarder. En général, cela n'a rien d'impressionnant. Le poker y est très semblable. Mais les joueurs qui y jouent sont souvent ceux qui faisaient le moins d'erreur à la limite inférieure, qui y ont accumulé suffisamment d'argent pour se construire une bankroll pour jouer à la limite du dessus. Et si de nouveau ils font moins d'erreurs que les autres joueurs à cette limite, ils pourront accumuler les $ et de nouveau monter de limite. Jusqu'à se confronter à une difficulté importante. Il n'y aura que deux issues : résoudre ces difficultés ou redescendre à la limite inférieure. Éventuellement, on peut voir une troisième alternative : monter de limite pour se refaire et se ruiner. :o)

Le joueur travaille-t-il son jeu ?

Les livres, les forums, les vidéos, les articles sur poker se multiplient. L’intérêt pour ce jeu a touché énormément de monde. Les débutants apprennent à jouer. Les meilleurs deviennent des joueurs gagnant régulièrement, se constituent une bankroll et progressent dans les limites. Les joueurs confirmés en font de même et les meilleurs passent professionnels. Tous ces nouveaux pros viennent grossir les circuits pro forts d’une expérience énorme acquise sur internet. A tous les niveaux de la pyramide, le niveau moyen augmente. Par conséquent, travailler son jeu est vital pour progresser, mais avant tout pour continuer à battre sa limite. Un joueur qui ne travaille pas un est un joueur qui régresse par rapport aux autres joueurs qui travaillent. A moins d’être particulièrement doué et brillant, jouer ne suffit pas. Il faut revoir ses parties, comprendre ses erreurs et ses points forts. Il faut améliorer ses connaissances théoriques du jeu. Il faut étudier la façon de jouer des autres joueurs, et mettre en place une stratégie pour les battre. Le poker est un jeu d’adaptation. Il n’y a pas de recette miracle. Il n’y a que des façons de jouer qui donnent des résultats plus ou moins bons en fonction des joueurs contre lesquels on joue.

Le jeu multitable, attention

Un des gros avantages du jeu online par rapport au jeu live est le nombre de mains et de parties nettement plus important que l’on peut jouer dans un même laps de temps. Se mettre à jouer plusieurs tables doit néanmoins être une décision murement réfléchie. Lorsque l’on joue plusieurs tables, nos capacités d’attention sont réparties sur les différentes tables. Plus il y a de tables, moins on a de temps pour étudier chaque joueur et chaque coup joué. Cela parait évident, mais les conséquences ne sont pas négligeables. Toutes les informations que le joueur perd lui fond perdre également de son avantage sur les autres joueurs. Battre une limite en jouant une table ne signifiera pas battre cette limite en jouant 4 ou 6 tables. Il faut bien identifier d’où provient son avantage à la table. Si notre avantage provient de notre façon de jouer (sélection de mains preflop, agressivité en fin de Sngo, …) et ne dépend que peu de notre observation de la table, notre avantage va peu diminuer en jouant plusieurs tables. Si notre avantage provient pour beaucoup de notre connaissance des joueurs, de notre observation de leur façon de jouer et de nos lectures, nous allons perdre beaucoup de cet avantage en passant à plusieurs tables. Le jeu multitable est souvent un jeu automatique et mécanique. Pour y être gagnant, il faut être sûr que l’on a une méthode qui fonctionne bien en moyenne contre l’ensemble des joueurs de cette limite.

Par ailleurs, le jeu multitable permet peu de faire progresser son jeu. Il est moins ludique. C’est un peu comme aller à l’usine pour faire du travail a la chaîne. Jouer plusieurs tables à la fois doit être l’aboutissement d’un travail préparatoire sur la limite que nous essayons de battre. Il doit permettre de rentabiliser un avantage que nous avons prouvé sur la limite en question. Il faut entrecouper le jeu multitable de séances de travail pour faire progresser son jeu, et éviter de se mettre à multitabler à une limite que l’on ne connait pas. Si les profits sont multipliés par le nombre de tables, les pertes et les erreurs aussi.

La sélection des parties / le ciblage des joueurs :

Au poker, on ne gagne sur le long terme que lorsque l’on est meilleur que ses adversaires. On n’est jamais bon ou mauvais dans l’absolu. On est meilleur que ces joueurs, et moins bons que ces autres joueurs. Cette constatation doit conduire à une réflexion sur les tables auxquelles on s’assoit, qu’elles soient réelles ou virtuelles. Ce tournoi ou cette table de cash game est elle profitable pour moi ? Suis-je meilleur que la moyenne des joueurs ? Suis-je capable de dégager un profit de ces parties ? La réponse n’est pas toujours évidente à priori. Mais en se posant régulièrement la question pendant et après une partie, nous saurons nous faire une idée de plus en plus précise de la réponse.

Une fois que l’on est à table, le même processus peut être mis en place. Quels sont les joueurs qui sont faibles, quels sont ceux qui sont forts ? Cibler les joueurs à jouer et à isoler et ceux à éviter doit immanquablement nous aider à monter des jetons en tournoi, et à gagner de l’argent en cash game. Cette observation des joueurs, même si elle ne permet pas immédiatement de dire s’ils sont forts ou faibles vous apportera peut être des informations concrètes exploitables. Ce joueur ne défend pas ses blindes, je vais l’attaquer plus souvent avec rien. Ce joueur joue beaucoup de coups avec des mains médiocres et n’essaye pas de voler les pots : je vais essayer de l’isoler régulièrement. Ce joueur relance très fréquemment en fin de position et passe sur des sur relance : c’est une cible intéressante à sur relancer avec des mains faibles. Etc…

Si vous aviez l’habitude de gagner à des limites plus basses sans vous poser ce genre de questions, ce sont des considérations à prendre en compte quand les parties deviennent plus difficiles.

Quand les difficultés surviennent, que la confiance s'en va et que le doute s'installe, il est sans doute temps de faire une pause et de prendre du recul. Pourquoi je gagnais avant et pourquoi je ne gagne plus ? Qu'ai je changé dans mon jeu ? Qu'est ce qui a changé dans le jeu de mes adversaires ? Qui sont d'ailleurs mes adversaires ? Comment faire pour les battre? Qu'est ce qui manque à mon jeu pour gagner? C'est sans doute à ce prix que le joueur dans le doute retrouvera le chemin de la victoire.

dimanche 6 septembre 2009

Flopper deux paires


Il nous est tous arrivé de flopper deux paires au flop, de nous sentir soudain très fort et invisible, puis d'essayer de piéger notre ou nos adversaires en slowplayant. Le turn a apporté une carte anodine ou à peine douteuse et l'action s'est emballée. Malgré notre mauvais présentiment, nous n'avons pas su sortir du coup. Le show down nous a permis d'admirer la magnifique quinte ventrale touchée par un de nos adversaires. Une fois la litanie d'insultes contre votre mauvaise fortune vous êtes vous demandé si vous aviez vraiment bien joué le coup? Deux paires au flop est elle une main si solide que cela ? Comment arrêter de gagner peu et de perdre beaucoup avec cette main ? Ce sont les questions auxquelles j'ai essayé de répondre dans ce dossier.



Pendant toute une période d'apprentissage au poker, on se sent quasi invincible lorsque l'on floppe top paire top kicker. On est toujours prets à engager tous nos jetons, quelque soit la profondeur avec cette main. Et petit à petit, cette tendance passe. Nous jetons facilement cette main dans certaines situations. Ou nous essayons de contrôler un peu la taille du pot plutot que de tout envoyer contre trois adversaires. Le problème est parfois plus difficile à corriger lorsque l'on joue deux paires au flop. D'une part, on la joue moins souvent et l'expérience arrive moins vite. D'autre part, c'est une main plus forte avec laquelle on sent souvent très fort, parfois invisible, et quasi invincible. Pourtant, deux paires est la main faite qui se trouve juste au dessus de top paire top kicker. De plus, cette main offre quelque particularités qui la rende difficile à jouer.

Deux paires au flop est une main faite qui a peu d'outs pour améliorer.

Lorsque nous floppons deux paires, nous ne finirons que rarement avec une meilleure main. En effets nos 4 outs nous donnent grossièrement 18% de chances de finir en full. Et le plus souvent, l'apparition de cette doublante aura pour effet d'effrayer la plupart des mains que nous aimerions voir nous payer. De ce fait, l'apparition de nouvelles cartes ne nous aide pas, et aide le plus souvent nos adversaires.

Deux paires au flop est une main qui ne reçoit pas beaucoup d'action.

Quand nous touchons deux paires, il y a moins de chance que le ou les adversaires aient touché une paire vu que nous avons deux des neufs cartes qui permettent de faire une paire avec le flop. Tout particulièrement quand nous touchons deux paires avec les deux plus grosses cartes du flop (top two pairs) ou la plus grosse et la plus basse carte (top and bottom pairs), il n'y a plus que deux cartes que nos adversaires peuvent avoir pour avoir floppé top paire. Ceci explique le manque d'action chronique que nous rencontrons lorsque nous floppons deux paires. Dans une main ou nous sommes plusieurs au flop, nous ne serons pas toujours payé par un adversaire qui n'a que la paire du milieu ou la paire la plus basse. C'est frustrant, et l'on se demande à quoi bon flopper une aussi bonne main si c'est pour ne rien gagner avec.

Deux paires est une main vulnérable à plusieurs.

De la frustration de ne pas avoir d'action découle naturellement les envies de slowplayer cette main. Cependant, contre plusieurs adversaires et selon la nature du flop, nous seront souvent confrontés à des tirages à plusieurs outs: les combinaisons multiples d'une paire avec tirage quinte ventrale ou par les deux bouts, tirage couleur, ainsi que des overcards. Un seul adversaire aura rarement tous ces tirages. Mais plus les adversaires sont nombreux, plus le nombre de cartes susceptibles de nous battre peut être important. De ce fait, il est très important de réduire le nombre d'adversaires le plus tôt possible. Notre main est d'autant plus vulnérable que la hauteur de la plus forte carte est faible, et que nos deux paires ne comporte pas la top paire. Dans ce cas, la top paire ou une overpaire éventuelle bénificiera d'outs supplémentaires si la top paire touche son kicker ou si une doublante apparait au tableau.

Deux paires offre de bonnes cotes implicites aux adversaires.

Le problème, c'est que si un adversaire améliore suffisamment sa main pour nous battre nous lui donnerons probablement beaucoup de nos jetons. S'il n'améliore pas, nous ne lui prendrons rien de plus ou dans le meilleur des cas assez peu de jetons. Dans des situations ou les tapis sont profonds, il est très important de protéger sa main et son tapis. En évitant de perdre votre tapis, vous restez en vie dans un tournoi multitable (MTT), ou dans un tournoi à une table (STT), ou encore vous économisez une cave ou plus en cash game. Les jetons qui ne sont pas perdus sont gagnés.

Les bonnes situations pour deux paires au flop

Les mains contre lesquelles nous souhaitons jouer lorsque nous floppons deux paires sont essentiellement top paire bon kicker et une overpaire. Dans les deux cas, nous souhaitons jouer en tête à tête. Dans ce genre de situations, nous aurons environ 75% de chance de finir vainqueur, et nous avons un client pour nous payer malgré sa main moins bonne.

Si le pot a été relancé, nous aimerions que le flop comporte quelques tirages. Pourquoi ? En général, si nous ne sommes que deux à voir le flop, notre adversaire aura rarement ces tirages et quand bien même, nous partons quand même avec de l'avance. De plus, notre adversaire ne pourra pas écarter le fait que nous sommes éventuellement à tirage et aura beaucoup plus de mal à lacher sa main tant que ces tirages ne rentrent pas. De notre coté, la statégie sera de mettre le maximum de jetons dans le pot avant que les tirages ne rentrent, car cela signifiera souvent la perte de notre client, ou pire encore, que nous sommes désormais battus.

Au contraire, sur un flop 6s 8d Qh, une main comme AQ ou KQ va peut être se poser des questions si elle reçoit beaucoup d'action. Nous aurons plus de mal à extraire de l'argent que sur un flop 6s 8s Qh.

Les mauvaises rencontres:

Il vous arrivera de flopper deux paires et de jouer contre deux paires meilleures ou contre un brelan. Mais ces situations sont tellement rares, qu'il vaut sans doute mieux les écarter tant qu'il n'y a pas plus de mauvais signe apparaissant, comme une doublante ou des tirages qui se précisent.


Illustration:

Pour illustrer ces différents principes, j'ai choisi un cas classique. Nous sommes de grosse blindes avec une main que nous n'aurions pas joué la plupart du temps. Mais plusieurs joueurs ont juste payé la blinde, personne n'a relancé et nous voyons un flop gratuitement. Nous floppons deux paires en touchant les deux cartes les plus basses du flop. Nous retrouvons avec une belle main faite, hors de position, contre plusieurs joueurs. Le flop offre très peu de tirage. Que faire ??


J'ai affecté aux différents limpers des mains potentielles assez classiques.

Hero (BB): 8s4s
SB : 7h5h
BTN : KsJs
CO: Ac8c
MP: JdTd

Scénario 1:
Vous attaquez le flop en espérant être payé par une dame, mais tout le monde passe. Ne pestez pas: vous venez de remporter 5 blindes sur lesquelles vous n'aviez que 37% d'équité. C'est à dire que si tout le monde checkait jusqu'au showdown, vous ne remporteriez le coup que 37% du temps. Voici les résultats que donne Pokerstove:

Hero (BB): 8s4s (deux paires basses) 37.25%
SB : 7h5h (tirage ventral plus tirage couleur backdoor) 17.68%
BTN : KsJs (tirage couleur backdoor + deux overcards par rapport à nos deux paires) 5.128%
CO: Ac8c (Une paire + une overcard + tirage couleur backdoor) 18.62%
MP: JdTd (tirage ventral + tirage couleur backdoor + deux overcards par rapport à nos deux paires) 21.32%

Gagner le coup tout de suite est loin d'être un mauvais résultat. Nous venons de "voler" 62.75% d'équité à nos adversaires.

Bien sur, cet exemple est fabriqué, et nous n'aurons pas toujours autant d'équité à voler. Mais contre 4 mains aléatoires, nous n'aurons en moyenne que 60% d'équité en floppant deux paires ce qui signifie que si tout le monde va au show down, nous ne gagnerons le coup que 6 fois sur 10.

L'autre risque en slow playant notre main et en gardant tous nos adversaires dans le coup, est que les nouvelles cartes apparaissant au tableau dégradent la valeur de notre main et nous amènent à jouer une main compliquée hors de position.

Et puis après tout, voler 60% d'équité de 5 blindes, ça ne fait que 3 blindes. C'est peu, et il peut être tentant de les risquer pour gagner plus. Mais gagner combien en plus ? Et perdre combien si l'adversaire améliore au dessus de nous ? Dans notre exemple, si personne n'a la dame, nous aimerions qu'un As ou un roi tombe pour donner top paire à l'un des adversaires, ce qui ne fait que 6 cartes. De plus, l'as est une fausse bonne carte. Il donnera deux paires à notre adversaire. Nous ne serons pas surpris qu'il mise ou relance, vu que nous penserons "Il a touché son As". Nous perdrons en fait beaucoup à l'arrivée.

Pire encore, je ne connais pas de pire sentiment que de laisser une carte gratuite à un tirage ventral pour lui donner tous mes jetons une fois que ce tirage rentre.

Scénario 2:
Vous checkez pour ne pas effrayer vos clients avec le secret espoir de pouvoir effectuer un checkraise, mais tout le monde check derrière vous.

Le turn: 6d

Le tableau se connecte un peu plus sur les cartes basses et un tirage couleur apparait. La SB checke et nous décidons qu'il est temps d'attaquer (protéger/rentabiliser) notre main. Nous misons 4BB, le joueur en milieu de position paye avec son tirage ventral et son tirage couleur pendant que le CO et le BTN se couchent. La SB relance à tapis pour 25BB. Que faire ?
Nous sommes battus par Q6, 57, 66, 44, 88, mais il y a aussi beaucoup de tirages possibles. Que peut bien avoir ce joueur en milieu de position ? Allons nous sortir de ce coup où nous devons payer 21BB pour en gagner 38 ?? Faut il juste payer ou pousser à notre tour pour essayer de créer un side pot contre ce joueur en MP qui nous couvre ?

Le joueur en milieu de position peut avoir une dame avec un kicker moyen, Q9, QT, QJ ou un bon 8 et être tenté d'aller au show down pour le moins cher possible. Il peut aussi avoir de multiples tirages avec lesquels il a décidé de ne pas enflammer le coup. Certains joueurs frileux auront aussi pp9, ppT ou ppJ.

Le joueur en SB peut avoir un gros tirage avec lequel il essaye de gagner le coup tout de suite. Il est hors de position, et peut s'être donné une chance d'attendre son tirage sans l'attaquer, puis changer d'avis au turn. Son tapis est parfait pour ce genre de move. Il y a 13 blindes à gagner pour son tapis de 24BB et donc le rapport risque/récompense est intéressant. De plus, rien dans l'action jusqu'ici ne laisse supposer que quelqu'un a une main très forte et qu'il sera automatiquement payé. Mais la SB peut aussi avoir des mains faites très fortes, comme deux paires, brelan ou quinte. Sa position en premier de parole et le nombre d'adversaires peuvent l'avoir incité à tenter le check raise au flop puis au turn. S'il a une main très forte, partir a tapis au turn a beaucoup de sens: il y a toujours 13BB à prendre pour son tapis de 24BB, il y a un tirage couleur qui vient d'apparaitre et deux clients potentiels, et il ne reste qu'une carte à venir. Il est temps de faire payer le prix fort aux joueurs à tirage. De plus, s'il a quinte ou brelan, il peut tout a fait espérer qu'un des deux joueurs en lice ait brelan ou deux paires.

D'ailleurs, avant de miser, aviez vous envisagé cette possibilité? Aviez vous déjà pris votre décision? Cet un exercice auquel il faut s'habituer:
Si je mise, quel sera la taille du pot? Quelles seront les tailles des tapis des adversaires comparés à la taille du pot? Quelles mains et quels joueurs sont susceptibles de faire un move dans cette situation? Quels joueurs vais je payer si ils poussent leur tapis? Contre quels joueurs vais je au contraire coucher ma main? Quand la taille du pot se rapproche de la taille des tapis restants, il faut commencer à envisager ses critères d'engagements: quels joueurs suis je prêt à jouer à tapis, et dans quelles conditions ? (Par exemple, si la couleur ne rentre pas à la rivière, je payerai le tapis de ce joueur, mais je coucherai ma main si la couleur rentre)
Dans ce cas précis, vos chances sont minces 7.90% contre 63.16% pour la SB et 28.94% pour le joueur en MP.






Scénario 3:


Le turn : Tc

Cette fois ci le tableau se connecte par le haut, et un tirage couleur apparait. La SB checke et vous misez 3.5BB qui sont payées par le joueur en MP, le CO et le bouton. Le pot fait désormais 19BB

Hero (BB): 8s4s 39.48%
SB : 7h5h, tirage ventral: 7.90%
BTN : KsJs (tirage quinte par les deux bouts) 15.79%
CO: Ac8c (Une paire + tirage couleur max + une overcard) 23.68%
MP: JdTd (tirage ventral + une paire + une overcard par rapport à nos deux paires) 13.16%

Nous sommes favoris contre chaque joueur individuellement, mais toujours pas contre l'ensemble des adversaires.

La rivière vient sous la forme d'un 6d. Tout le monde checke jusqu'au bouton qui mise 14BB. Nous avons toujours la meilleure main, mais nous ne le savons pas. Nous sommes battus par QT, par J9, par 66, 44, 88 Q6, Q8, T6, T8, 75, 97 qui sont des mains plus ou moins crédibles selon le niveau et le style de vos adversaires. De plus, il reste deux joueurs à parler derrière nous. Nous voilà devant une situation bien difficile. Si un As, un 9, un J, un K, une Q ou la couleur étaient rentrés à la rivière, lâcher nos deux paires aurait été plus facile. Est il possible que QT ou J9, n'aient pas envoyé tapis au turn sur un board aussi dangereux?? Voilà en tout cas une décision bien difficile. Telle que la main a été jouée, il me parait difficile de lâcher notre main. Il y a peu de chance qu'une dame ait checké le flop puis amélioré en deux paires. Une paire de 6 paye t elle au turn ?? Pas sur. Nous redoutons un J9 qui slow play, ou encore 97 qui avait un double tirage au turn.




Dans cet exemple, il nous est compliqué de valoriser notre main à la rivière. Beaucoup de grosses cartes, une quinte est rentrée. Nous préférons checker puis payer une mise plutot que de miser et de devoir coucher sur une relance à tapis. En payant à la rivière, nous sommes content qu'un joueur ait essayé de bluffer le coup, car il nous était difficile de miser par nous même hors de position contre 3 joueurs. En gardant beaucoup d'adversaires, nous prenons des risques de les voir améliorer, mais les nouvelles cartes rendent souvent notre main difficile à valoriser si nous sommes en plus hors de position.


En général, avec deux petites paires, et beaucoup d'adversaires, il faut essayer de gagner le coup au flop, ou au moins de réduire le nombre d'adversaires pour faciliter ses décisions par la suite. Le but est d'engager ses jetons dans le coup lorsque l'on est devant, et que notre équité est la meilleure. En général, dans un pot multijoueur, cette situation se produit au flop. De plus, les améliorations avec deux paires sont rares. Il n'y a que 4 cartes qui vous font évoluer vers un full. La doublante pourra le plus souvent effrayer votre ou vos adversaires. Les cartes à apparaitre pourront également geler l'action en inquiétant vous et vos adversaires (une doublante qui ne vous donne pas full, une quinte, une couleur...). Dans un pot non relancé, particulièrement s'il y a peu de chance que le flop ait touché vos adversaires, ou si vos adversaires sont particulièrement passifs, faites le ménage sans attendre que quelqu'un mise pour effectuer un check raise. Vous êtes sans doute bien favori contre chacun des joueurs, mais rarement contre l'ensemble. Si vous optez pour checker le flop, et qu'un adversaire en fin de parole fait une petite mise, ne vous contentez pas de suivre cette mise pour attirer d'autres joueurs. Vous devez essayer d'isoler un joueur, et gagner le coup au flop n'est pas un mauvais résultat. Vous ne savez pas trop quelles cartes vous craignez pour la suite du coup, et moins il y a de joueur dans le coup, meilleure est votre équité.

lundi 16 mars 2009

Les différentes zones de jeu en tournoi, en fonction de la taille de son tapis.



En général, en début de tournoi multitable, tout est a peu prêt possible. Tout les joueurs ont en général plus de 100BB, et le style de jeu va en général se rapprocher d’un jeu en cash game. Mais ensuite, une fois que les blindes augmentent, que des coups se gagnent et se perdent, certains joueurs se retrouvent devant un tapis plus réduit. Quels sont alors les ajustements à effectuer ? Comment choisir sa main de départ ? Quelles cibles privilégier ? C’est ce que je vais aborder dans cet article.

Le tapis effectif.

Premièrement, en tournoi, il faut faire attention à la taille de son tapis bien évidemment, mais aussi à la taille des tapis des autres joueurs. Le tapis qui importe est bien souvent le plus petits des tapis des joueurs concernés. C’est ce qu’on appelle le tapis effectif. Tout d’abord, faire attention à la taille de tapis des autres joueurs va nous aider à le situer dans une zone de jeu bien précise, et nous aider à comprendre quelle est sa stratégie, ou ce qu’elle devrait être. Nous pourrons ensuite observer comment il se comporte avec telle ou telle taille de tapis. Ensuite, certaines mains se jouent mieux ou moins bien en fonction de la profondeur des tapis, car cette profondeur va permettre de gagner potentiellement beaucoup de jetons si on réalise le potentiel de sa main (brelan avec une petite paire, connecteur assortis, As assortis). Si un des joueurs engagé dans le coup n’a pas assez de jetons pour qu’il reste des jetons à miser quand on touche son tirage, la plupart du temps le coup ne sera pas rentable.

La zone verte (M>20, BB>30)

Nous avons plus de 20 fois le pot de départ. C'est la zone dans laquelle nous voulons passer la grande partie du tournoi. Nous pouvons jouer serré, agressif, super agressif et passer d'un style à l'autre à notre gré. Tous les styles nous sont ouverts. Tous les types d'actions sont possibles.

Il y a bien sur une des différences entre 30BB, 50BB, 80BB et plus. Cela fera l’objet d’un autre article.

La première idée est de pouvoir faire une relance preflop, puis faire un continuation bet au flop, et de pouvoir quitter ensuite le coup s’il y a de la résistance et que nous n’avons pas un jeu suffisant pour continuer sans entamer trop sérieusement la taille de notre tapis. Idéalement, cela revient à dire que nous pourrons rester dans la zone verte.

Avec une très grande profondeur, nous pouvons voir une relance et une sur relance et sur relancer les deux joueurs, tout en ayant assez de jetons pour d'autres actions plus tard dans le coup. Dans la zone verte, nous sommes souvent un joueur de poker a part entière, et cela vaut le coup de prendre des risques pour rester dans cette zone.

Dans la zone verte, quand les blindes deviennent un enjeu pour beaucoup de joueurs de la table, nous pouvons essayer de voler allègrement les blindes, tout en ayant beaucoup de marge de manœuvre vis-à-vis des réponses de nos adversaires.

La Zone Jaune (M entre 10 et 20, de 18 à 30BB):

Nous avons 10 à 20 fois le pot de départ. Lorsque nous quittons la zone verte pour la zone jaune, nous perdons la possibilité de jouer vraiment serré. Les blinds commencent à nous marquer, et nous devons commencer à élargir nos mains de départ. Nous pouvons jouer agressif ou super agressif, mais nous devons commencer à tenter des actions avec des mains un peu plus faibles que celles qu’un joueur serré choisirait de jouer.

Certains types de mains, les petites paires et les connecteurs assortis, n'ont plus les cotes suffisantes pour être jouées, parce que nous n'avons plus assez de jetons pour rentabiliser les pertes lorsque nous gagnons le coup. Il est en général recommandé de payer pour essayer de trouver un brelan au flop si la relance à payer n’excède pas 10% du tapis effectif. Pour des connecteurs assortis, en plus d’une position tardive pour prendre de bonnes décisions post flop, il est recommandé de ne pas payer une relance supérieure à 5% du tapis effectif.


Les blinds augmentant, elles vont devenir un enjeu important quand le tournoi avance. Les petits tapis vont les subir en les payant se qui va engager une part toujours plus importante de leur tapis. De plus, leur faible tapis rend la défense de ces blindes difficiles. Les (plus) gros tapis vont donc essayer de voler ces blindes le plus possible pour augmenter la taille de leur tapis, et donc leur marge de manœuvre. Comment va influer la taille des tapis sur les stratégies d’attaques et de défense de blindes ??

Dans la zone jaune, une des activités principale va être le vol de blindes, et la recherche d’une situation favorable pour essayer de doubler. Mais par contre, cette taille de tapis est la cible idéale de re-steal. Cette zone est compliquée à jouer car les petits tapis qui n’ont pas grand-chose à perdre et les gros tapis qui ont de la marge de manœuvre vont nous mettre la pression.

1- Nous avons encore suffisamment de jetons pour passer sur un vol de blinde manqué.
2- Nous ne souhaitons pas forcément payer un petit tapis engageant les 2/3 de notre tapis avec une main moyenne.
3- Nous souhaitons encore moins perdre 2/3 ou la totalité de notre tapis contre un gros tapis avec une main moyenne.


Le resteal

Le re-steal, re-vol en français, est le vol du voleur de blindes. Le voleur de blinde est un joueur qui est essaye de prendre les blindes en position proche du bouton alors que les joueurs en début de parole se sont couchés. Selon son audace, le voleur de blinde tentera de voler plus ou moins fréquemment, et avec des moins plus ou moins fortes.

Mettons que nous avons 25BB, nous relançons à 2.5BB et un joueur qui a 16BB fait tapis. Si nous avons une très grosse main ou une poubelle, c’est facile. Si nous avons une main moyenne, voulons-nous prendre le risque de passer à 9BB, ou préférons nous abandonner les 2.5BB investies ?? Rester à 22.5BB va être une décision profitable si notre moisson de blindes se passe bien. Nous avons une petite marge de sécurité, nous pouvons encore attendre une meilleure opportunité de doubler, et doubler nous ferait remonter à plus de 40BB, en zone verte. Très souvent, il vaudra mieux attendre une meilleure main avant d’utiliser son joker.

La zone Orange (M de 6 à 10, de 12/13 à 18BB).

Cette zone est la zone de resteal par excellence. Notre activité principale, plus que le vol de blindes va devenir le vol de vol de blindes. Pourquoi ? Avec cette profondeur, si le vol de blindes se passe mal, nous ne pouvons plus faire de Continuation bet ‘à poil’ sans être engagé dans le pot, ou tout du moins, sans risquer une part trop importante de notre tapis.

Nous avons 16BB, nous faisons une relance à 3BB au Hijack (deux places avant le bouton) avec KJs. Nous sommes payés par les blindes qui nous couvrent. Le pot fait 9BB et nous ne flopons rien (genre 4-8-Q tricolore), et les blindes checkent. Nous ne savons pas trop si c’est un piège ou pas. Notre main a pour l’instant peu de valeur à l’abattage, car il y a de bonnes chances qu’un des joueurs en blinde ait un as, une petite paire, ou qu’il ait touché le flop. Nous avons peu de chances d’améliorer. Du coup, avec de la profondeur, un continuation bet aurait été une solution envisageable, même si la dame est peu engageante.

Avec cette profondeur, si nous misons 5BB, et que l’un des adversaires paye ou nous relance, nous avons investi la moitié de notre tapis et nous devons abandonner le pot pour nous retrouver à 8BB ce qui est un résultat désastreux. Il va nous falloir doubler pour seulement rattraper ce vol raté. Nous ne pouvons plus resteal, car notre tapis sera automatiquement payé par le relanceur. Nous tombons en zone rouge, et nous sommes condamnés à soit trouver un monstre, soit à ouvrir à tapis un pot non relancé, et à prier…

Pour éviter ce scénario catastrophe, que faire ? Il faut s’orienter vers le resteal, c’est à dire voler des voleurs de blindes en envoyant notre tapis encore respectable.

Les cibles idéales sont :

1- Des joueurs qui relancent beaucoup préflop, surtout en fin de parole. Comme nous allons relancer à tapis, il ne faut pas se tromper et tomber sur un joueur qui a relancé avec une très belle main et qui se sera tout content de nous payer. Nous aimerons aussi choisir un joueur que nous avons déjà vu se coucher dans ce type de situation. Notre but n’est pas de gambler, mais de gagner sans combattre la relance du joueur et d’augmenter notre tapis de 5 blindes ou plus sans risquer l’élimination.

2- Idéalement, un joueur qui est en zone Orange, entre 18 et 30BB. Il peut se coucher, car il peut attendre. Evitons le joueur qui relance à 4BB avec 12BB au départ. Soit il a un monstre, soit il risque de payer de toutes façons. Evitons également le joueur qui a un énorme tapis et que nous avons vu régulièrement payer des tapis de notre taille avec des mains moyennes.

3- Si l’occasion se présente, attaquer en squeeze une relance qui a été payée. Si le payeur n’est pas trop piégeur, il a une main moins forte que le relanceur initial, mais complique quand même la tâche du relanceur pour payer. Il y a plus à prendre au pot, ce qui améliore le rapport risque/profit.


En résumé la cible présente une grosse activité préflop, a un tapis entre 20 et 30 blindes, se couche régulièrement s’il est relancé à tapis. Plus notre main de départ est forte, plus ces règles peuvent être assouplies, plus elle est faible, plus le ciblage doit être précis.

Avec quoi resteal ? Toute une variété de mains. Grosses mains, mains potentielles, petites paires, etc … Eviter au maximum les mains dominées. De plus, attention à essayer de ne pas trop éveiller les soupçons. Trop de resteal va nous décrédibiliser. Et le joueur à 25BB finira par préférer risquer de passer à 40BB ou plus que de ne pas tomber à moins de 10BB, ou un gros tapis viendra faire le gendarme. Le but n’est pas d’attraper chaque vol de blinde, mais d’augmenter son tapis petit à petit pour retrouver une position plus confortable. Nous voulons éviter au maximum de nous retrouver à tapis couvert, et donc réduire les chances d’élimination.


S’il devient trop flagrant que nous volons, et si nous gênons trop les tapis plus gros que nous, ils finirons par prendre une chance de nous éliminer. De plus, plus nous utilisons l’arme du re-steal, plus nous risquons l’accident de tomber sur une main légitime qui nous paiera.


Sur une table passive, ou il y a régulièrement des limps multiples jusqu'à votre BB, relancer à tapis peut aussi être une situation profitable. Il faut bien sur s'assurer que le premier limper en début de parole n'est pas un joueur coutumier de tendre ce genre de piège avec une très grosse main. Mais ce genre d'action sera rarement payée, et peut rapporter également dans les 5BB assez facilement.

La zone Rouge (M de 1 à 5, de 1.5 à 7.5BB):

Dans cette zone, nous avons perdu la possibilité de faire une autre mise que all-in. Si nous faisons une mise plus faible, cela consomme tellement de notre tapis que nous sommes engagés de toute façon dans le pot. Dans ces conditions, autant faire allin tout de suite, car cela nous donne les meilleures chances de gagner le pot dès la première mise.

Lorsque que notre M est inférieur à 3, notre tapis ne suffira certainement pas à faire fuir les autres joueurs du coup. La combinaison de notre faible situation et des cotes attirantes fera que nous serons toujours suivis par au moins une personne.

Nous sommes dans une situation critique et nous devons être en alerte pour trouver un moyen de revenir à une situation plus sure. Une relance de 2 ou 3 fois la BB nous engage dans le pot, donc la mise possible est AllIn. Autant essayer de gagner le pot tout de suite en faisant la mise la plus forte possible, même dans le cas ou nous obtenons un monstre, mettons les As, il est conseillé d'envoyer, pour plusieurs raison.

Le tapis est petit, nous sommes dans une situation difficile, et il y a beaucoup de mains qui justifient un tapis dans cette situation. Encore plus si nous avons déjà envoyé plusieurs fois récemment, les autres joueurs vont commencer à en avoir marre de se faire voler par un petit tapis. Au contraire, une petite relance de notre part va paraitre pour le moins suspecte.



Avec quelles mains ?? Grosses paires, moyenne paires et deux figures sont des mains de premier choix. Les petites paires et les connecteurs assortis sont également de très bonnes mains. En fait, dans la zone rouge, l'importance d'envoyer dans pot non ouvert devient dominante. Si nous sommes en bonne position, mettons que 5 ou 6 joueurs ont déjà passé avant vous, nous pourrions envoyer avec pratiquement tout sauf vraiment les pires mains...

Si tout cela a l'air vraiment trop agressif (si ce n'est suicidaire), rappelons-nous ces deux choses:

1 - Nos adversaires ne savent pas avec quoi nous envoyons, et peuvent nous voir sur un rush. Si nous sommes payés, nous sommes le plus souvent outsider, mais la plupart du temps, nous prendrons le pot. Quand notre M est de 4, juste voler les blinds augmente notre tapis de 25%, ce qui est un gain important.

2 - Ne pas faire ce genre d'actions signifie que notre tapis devient de plus en plus petit. Plus notre tapis devient petit, moins nous impressionnons nos adversaires, et plus nous avons de chances d'être payé quand nous poussons. De plus, si nous avons la chance de doubler, le bénéfice est moins grand : doubler 7 BB nous laisse en zone de resteal, alors que le but est de remonter au dessus des 30BB.


Mixer en vol de blindes


De temps en temps, il est possible d'introduire une petite variante. Lors d'une situation ou nous aurions poussé tout notre tapis, nous faisons une relance qui nous engage, à 60% ou 70% de notre tapis. Nous donnons l'impression d'inviter quelqu'un à nous payer pour un peu moins cher, du coup, nous semblons montrer beaucoup de force. Cela peut inciter au contraire les adversaires à nous payer avec une main plus forte que si nous avions fait tapis.


Cette variante est à utiliser rarement, pour brouiller les pistes. Il faut l'utiliser avec des mains aléatoires: très fortes, fortes, moyennes.


Nous sommes engagés dans le coup. Si nous sommes juste payés, que nous ne trouvons rien au flop, il faut payer toute mise, quelque soit le flop, et envoyer le reste, quelque soit le flop si nous avons la possibilité d'envoyer en premier.


Avantages: dans certains cas, nous augmenterons la range de call preflop des adversaires. Dans d'autres cas, rares, nous feront coucher une main au flop qui n'a rien trouvé.


Inconvénients: Parfois, nous ferons coucher une main au flop qui n'a rien touché alors que nous avons trouvé une paire et nous perdrons ce que nous n'avons pas engagé preflop.

Le Stop And Go:

Une autre arnaque du joueur short stack est le stop and go. Nous avons environ 10BB et nous sommes de blinde. Un joueur en fin de parole relance à 3BB, et nous trouvons une main avec laquelle nous sommes prêts à jouer tout notre tapis. Il y a très peu de chance de faire coucher le relanceur preflop, car notre profondeur lui commande de payer notre relance à tapis. Le relanceur aura en effet une cote de 14 contre 7 pour nous payer, ce qui devrait l'inciter à payer avec quasiment toute l'étendue de ses mains de relance. Du coup, nous ne nous trouvons pas de fold equity preflop, et nous payons juste pour envoyer tapis au flop quelque soit le flop.

Le relanceur initial aura toujours la même cote pour payer, mais au flop, il se peut qu'il se trouve des raisons de coucher sa main s'il n'a rien touché. Du coup, nous retrouvons un peu de fold equity. Même si un bon joueur ne se laissera pas prendre, cela se tente de temps en temps.


The Dead Zone


Y'a t'il une zone au dessous de zone Rouge? Oui, Harrington l'appelle "The Dead zone". Nous avons moins que le pot de départ. Dans la "Dead Zone", nous semblons encore vivants mais nous ne le sommes plus. Il ne nous reste qu'une seule action possible Allin, et lorsque nous le ferons, les autres joueurs nous suivrons pour se débarrasser de nous. Nous ne devrions jamais nous autoriser d'entrée dans la "Dead zone" en étant rongé par les blinds. Nos chances de survie sont si faibles que nous aurions sans doute mieux fait de tenter une action auparavant.

Aucun joueur ne devrait se retrouver dans cette zone autrement que par accident. En allant Allin avec juste un peu plus de jetons que l'adversaire, en perdant, et en se retrouvant de la sorte avec un nombre de jetons ridicule. Dans cette zone, nous ne cherchons qu'une chose, pouvoir entrer dans le coup le premier. Et nous devons y aller juste avant que les blind n'arrivent. En parlant en premier, des mains qui nous auraient payé vu notre tapis minuscule sont susceptibles de passer de peur que quelqu'un relance derrière. Le besoin de parler en premier est si important que la nature de nos cartes importe peu.

Il faut juste mettre éventuellement à part le cas d'une bulle si nous voulons absolument être payé et qu'il y a des plus petits tapis derrière nous ou une table finale sur le net ou tout le monde quasiment est pris par le niveau des blindes, et que nous ne sommes pas mal placé par rapport aux autres.

mercredi 26 novembre 2008

Mixer ses lignes de jeu

Le but de cet article est d'essayer d'équilibrer ses lignes de jeu pour arriver à plusieurs objectifs:
- Obtenir le meilleur gain possible.
- Minimiser les pertes éventuelles.
- Rendre la lecture de l'adversaire difficile.

Pour obtenir le meilleur gain preflop, un conseil général serait de jouer les gros pots en position, avec de grosses mains.
Pour minimiser les pertes, un conseil general serait de jouer des petits pots avec des mains moyennes hors position.
Rendre la lecture de l'adversaire difficile consisterait à varier ses actions pour ne pas trahir la force de sa main. Idéalement, mixer du faible avec du fort. Du tirage avec du monstre. Et ce dans le choix des pattern (enchainement d'actions), comme dans la taille des mises.

Preflop:

- Varier les mises de protection (grosses relances) des mains fortes mais vulnérables (88-QQ selon la position) avec des mains très fortes (AA-KK)

Objectifs: Eviter d'être payé par trop de joueurs sur nos mains vulnérables (relance forte) Mettre des pièges parmi ces mains pour éviter les resteals et les calls.

De plus ce n'est jamais mal joué d'investir beaucoup avec une main forte.

Eviter le systématisme: Grosse relance = Fort ou Faible.

- Equilibrer dans des relances plus faibles les vols à poil, les mains potentielles et les grosses mains.

Objectifs: Perdre peu lorsqu'on est en vol et que le vol ne passe pas. Ca ne nous gene pas d'avoir beaucoup de payeurs avec une main potentielle. Ca ne nous gene pas forcément d'avoir du client avec une main très forte.

Bien sur, le dosage va dépendre des adversaires. S'ils payent facilement des fortes relances, votre objectif de protection échoue. Il vaudrait mieux augmenter la proportion de mains fortes, et jouer moins fort les mains vulnérables, pour aviser au flop. De même, si les vols ne passe pas, on va enlever les vols à poils. Si les fortes relances ne sont jamais payées, on va décaller les vols à poil dans cette catégorie, et jouer les monstres un peu moins fort. S'il est possible de voir beaucoup de flops en limpant, et que la relance est payée de toutes façons, pourquoi investir beaucoup preflop sur un 9Ts ??

Même chose en ce qui concerne le re-raise: Si vous ne re raisez qu'avec les monstres, vous annonçez votre main à toute la table. Si la table n'écoute pas ce que vous dites, tant mieux. Investir plus avec une main forte est bien joué. Mais si plusieurs personnes ecoutent ce que vous dites attention ! La connaissance de votre main peut leur laisser l'occasion de jouer la suite de la main parfaitement.

ex: Min Re- raise avec les As. Certains joueurs en sont adeptent. Je trouve ça particulièrement mal joué:
- Ils annoncent leur main
- Ils demandent un prix ridicule pour voir 3 cartes
- Ils y laisseront une grosse part de leur stack si leur adversaires touchent.

Post flop:

- Si en position vous misez le pot si vous avez brelan, 2/3 du pot avec top paire, et que vous checkez avec rien ou un tirage, on ne peut pas dire que ce soit stupide.Vous connaissez la valeur des mains au poker, et vous investissez dessus en conséquence. Par contre, vos adversaires s'ils sont attentifs, ne seront payeurs que s'il peuvent vous battre.

- Si quand vous etes hors position vous check raisez vos brelans au flop et check callez vos tirages, vous facilitez la tache de l'adversaire.

Si vous attaquez vos tirages et vos brelans sur les flops à tirage, vous posez un gros problème à l'adversaire:

Mettons que vous jouez pour un tapis de 80 blindes:

Vous relancez preflop à 3BB, et vous êtes payés deux fois par les blindes. Le pot fait 9BB

Le flop vient bicolore, 4 - 9 - Q

Vos deux adversaires checkent, et vous misez 7BB. Vous etes payés une fois. Le pot fait 23BB
Le turn vient sous la forme d'une petite carte qui n'apporte pas de couleur, et votre adversaire checke encore:

Vous misez 15 blindes, et il vous reste 55 BB derrière. Si votre adversaire paye, le pot fera 53BB.
Votre adversaire à KQ.

Si vous jouez systématiquement vos tirages doucement, il sait que vous n'etes pas à tirage, et que vous avez surement au moins AQ. Voir KK, AA, 99, QQ. Il peut donc coucher sa main sereinement.

Si vous attaquez fort vos tirages, vous le mettez dans l'embarras. De même si vous attaquez parfois deux fois en ayant manqué le flop ou si vous avez une paire plus faible que la top paire.

Il aurait pu attaquer au flop pour tester sa main ? Prenez donc l'habitude de re raiser, de temps en temps, les donk bet avec rien, ou un tirage. Bien sur, gardez des proportions viables:
- Si l'adversaire se couche souvent apres un donk bet, augmentez la fréquence des re-raise à poil: Vous avez raisé preflop, il mise le flop et vous reraisez? Que vaut son KQ ??


Il aurait pu vous faire un check raise avec son KQ me direz vous ?


Continuez à lui donner mal a la tête en variant:


- Si vous avez de la fold equity, comme dans l'exemple précedent, boitez le de temps en temps, que ce soit avec un brelan ou un tirage. Vous misez 7, il check raise à 25. Si vous envoyez les 70 restant, prenez soin de le faire avec brelan mais aussi JTs AKs, AJs, ATs, mais aussi de temps en temps avec rien. Adaptez la fréquence selon la tendance de l'adversaire à faire de gros call ou pas. S'il a tendance à faire des hero call, évitez les tapis avec rien. Adaptez aussi selon la fréquence de check raise de l'adversaire. Si l'adversaire ne check raise qu'avec des jeux forts qu'il ne couchera pas, il faut ralentir et éviter les bluffs.


- En tournoi, n'oubliez pas de vérifier un paramètre important: êtres vous couvert et de combien? Le couvrez vous et de combien ? Plus vous avez de marge en jetons, plus vous pouvez prendre des risques. Dans le cas contraire, essayez de choisir vos spots de façon très méticuleuse et évitez de gambler. Sinon, tôt ou tard... Vous sortez.


- Mixez le controle du pot, le jeu agressif, le slow play raissonné. Contre les joueurs agressifs, laissez les misez si vous visez plutot un show down pas trop cher. Volez les joueurs tigths qui se couchent facilement. Miser vos jeux forts contre les joueurs passifs qui ne miseront pas à votre place, ce n'est pas contre eux qu'il faut slowplayer. Essayez toujours de laisser l'adversaire dans l'incertitude:
- attaquez vous un jeu fort pour sa valeur ou un jeu faible qui a peu de chance de gagner ?
- le payez vous avec un monstre, un tirage ou un jeu moyen limite ?


Plus vous saurez jouer correctement de styles de jeu différents, et choisir la bonne option au bon moment, plus vous aurez de chances de réussir... Répérez les habitudes de vos adversaires. Jouent ils mécaniquement, ou varient ils ? Varient ils aléatoirement, ou fonction des adversaires ? Commencent ils à chancer d'attitude envers vous ?
Bonne observation. Bonnes expérimentations. Amusez vous !

dimanche 2 novembre 2008

Le chasseur et sa proie


Cet article continue une série que j'espère longue sur le jeu postflop. Le but de cet article est d'essayer d'introduire une étude de l'échelle des mains au flop au poker, et de voir comment elles intéragissent entre elles. Une main "chasseuse" va être la main forte qui va essayer de prendre le plus de jetons possible à la main "proie". Et bien sûr la main proie va essayer de perdre le moins d'argent possible contre la main chasseuse. Le problème, c'est que tout est relatif, que toute main ou presque est la chasseuse d'une autre main plus faible, et la proie d'une autre main plus forte. Le but de jeu est d'essayer de déterminer si on est plutôt une main chasseuse, ou une main proie.

Exemple:

vous avez AK sur un flop A-8-3 dépareillé.

Votre main est la main chasseuse de AQ, AJ, AT, A9 et de toutes les paires inférieures

Par contre, votre main est la main proie de AA, 88, 33, A8, A3, 83

Toute la subtilité va consister à doser l'action pour ne pas faire peur aux mains proies, tout en leur faisant payer le maximum, et d'éviter d'engraisser une main plus forte qui se retrouverait par malheur avec vous. En fonction de votre main, il va falloir trouver une "ligne" de jeu la plus adaptée pour maximiser les gains et minimiser les pertes. Le but du jeu va aussi être de déterminer dans quelle catégorie vous vous trouvez. Chasseur ou Chassé ? La ligne (l'enchainement des mises) que va utiliser l'adversaire peut vous aider à déterminer la valeur de sa main. Il va falloir être attentif pour repérer sa façon de jouer telle ou telle main. De la même façon, il peut être intéressant d'essayer de masquer le plus possible la valeur de sa main.

Pour reprendre l'exemple précédent, si vous misez le pot au flop et que vous êtes payé, que vous faites de même au turn pour le même résultat, et qu'un valet tombe à la rivière il devient vraiment douteux de miser de nouveaux à la rivière. En effet, l'adversaire a sans doute compris que vous aviez l'as, et même un très bon kicker pour remiser à la turn. Il a donc sans doute lui aussi au moins un as très bien kické pour payer au turn. Sans doute mieux que AT. Hors vous etes désormais battu par AJ, vous partagez avec AK. En fait, vous ne battez plus qu'AQ. Mais vous n'avez sans doute pas fait fuir les doubles paires et les brelans. En fait, par votre action, vous avez sans doute épuisé le potentiel de votre main. C'est à dire qu'il n'y a plus de mains moins fortes susceptibles de vous payer à la rivière. Si votre adversaire mise à la rivière, il est vraiment improbable que vous aillez la meilleure main. Vous ne battez plus qu'un bluff. Vous avez peut etre attaqué trop fort trop vite.

Bien sur, tout n'est pas si simple. Cet exemple assez simple n'est pas une ligne de conduite générale à adopter, car elle dépend de l'adversaire. Vous trouverez des joueurs qui pairont une relance preflop avec AT, puis trois mises au flop, turn et rivière s'ils touchent leur As, et d'autres qui ne pairont jamais une relance preflop avec AJ. Dans ce cas, cela change le type de mains que vous avez potentiellement en face de vous, et les profits que vous pouvez espérer réaliser.


D'autres joueurs varieront leur sélection de mains en fonction du type partie (Tournoi ou CashGame), du moment de la partie (début ou fin, gagnant ou perdant, taille des blindes, ...), de l'adversaire (Je paye en position la relance d'un joueur loose avec AJ, mais ne paye la relance d'un joueur serré quand je suis de blinde avec AJ). Ou encore, contre ce joueur très agressif et bluffeur, je suis pret à payer trois mises postflop avec Top paire As kicker Valet, mais contre cet autre joueur plutot passif, je ne paierai jamais une seconde mise à la turn s'il a déjà misé le flop. Et enfin, d'autres joueurs vont varier leur jeu, c'est à dire payer ou pas, plus ou moins, de façon variable avec le même type de main contre le même type de joueur.

Très souvent, sur les forums, on voit des posts de joueurs qui recherchent des lignes de jeu optimales dans telle ou telle situation. Il n'y a en général pas de recette miracle. Plus le niveau augmente, plus le nombre de paramètres qui rentrent en compte est important, et plus il faut apprendre à se débrouiller tout seul, avec les éléments dont on dispose pour essayer de prendre la meilleure décision possible.

Les différents types d'action et leur objectif:

1) Miser / Relancer:

Valoriser sa main: Vous pensez avoir la meilleur main et vous pensez pouvoir être payé par une main moins bonne. Vous cherchez à augmenter vos gains.

Protéger sa main: Vous pensez avoir la meilleur main, mais vous redoutez beaucoup de cartes qui pourraient donner une meilleur main à votre adversaire. Vous n'êtes pas contre encaisser vos gains tout de suite et ne pas voir votre adversaire améliorer. En tout cas, vous voulez lui faire payer cher sa tentative d'amélioration.

Faire passer une meilleur main: Vous pensez que votre adversaire a une meilleur main que vous, mais vous pensez également qu'il est au bout du potentiel financier de sa main, c'est à dire qu'il ne payera pas une mise supplémentaire. Vous misez naturellement pour qu'il se couche et pour gagner un pot que vous ne pouvez pas espérer gagner à l'abattage (show down).

Ne pas montrer ses cartes: Vous avez sans doute la main gagnante à la rivière, vous ne pensez pas être payé, mais vous ne voulez pas montrer votre main pour résuire l'information que vous donnez à vos adversaires. De plus, vous donnez à l'adversaire l'occasion de faire une erreur, c'est à dire payer un peu plus avec un main perdante. Contre des joueurs agressifs et volontier bluffeur, il faut quand meme se méfier d'une grosse sur relance si on ne peut pas l'assumer.

2) Folder:

- Réduire ses pertes, abandonner un coup dans lequel on ne trouve pas de chances de gagner par la valeur de sa main ou sur un bluff.

- Préservation de ses jetons.

3) Caller: Juste payer une mise d'un adversaire.

- Vous pensez avoir la meilleur main mais de façon incertaine.
- Vous avez de bonne chances d'amélioration vers une main très forte (tirage quinte ou couleur)
- Vous n'avez pas de main réelle, mais vous voulez voir si l'adversaire continue à montrer de la force pour essayer de le voler dans le cas contraire (floating).
- Vous avez une main forte, mais vous ne voulez pas effrayer les proies potentielles. Vous n'avez pas identifié de proie candidate à un gros pot, et vous ne craignez que peu de carte.

4) Checker:

- Maintenir le pot faible, induire des bluff, renoncer au pot.
- Vous avez une main à tirage, et vous souhaitez obtenir des cartes supplémentaires le moins cher possible.
- vous ne pensez pas pouvoir (ou ne voulez pas) gagner le pot tout de suite.
- Vous avez une bonne main qui ne craint pas beaucoup de tirage, mais qui a peu de valeur marchande.
Exemple, une top paire as kicker 8. Vous ne voulez pas effrayer les proies, faire grossir le pot de façon inconsidérée contre des mains plus fortes et espérez éventuellement être payé à la rivière par une main plus faible. Vous espérez que le manque d'action amène un adversaire à se sentir en confiance avec une main plus faible (2eme paire ou pire), ou qu'un adversaire essaye d'arracher le pot.

Il faut essayer de combiner un ensemble d'actions qui vont permettre d'optimiser les gains et de minimiser les pertes contre l'ensemble des mains qui se trouvent potentiellement chez nos adversaires.

Les différents types d'action et leur conséquence sur l'image:

Miser: Représenter de l'agressivité. Plus un joueur mise souvent, plus il met de la pression sur ses adversaires en faisant grossir les pots. Par contre, il dévalorise un peu la force de ses mises: puisqu'il mise souvent et qu'il est peu probable qu'il ait un jeu très fort à chaque fois, il doit aussi miser des jeux moyens, des tirages voir des jeux faibles. Conséquence, il va être payé de plus en plus souvent. Cette conséquence est intéressante pour se faire payer ses jeux forts, mais problématique pour les bluffs qui seront aussi payés plus souvent.

Contre un joueur agressif, il peut être intéressant d'être passif car il fait grossir les pots à notre place. Par contre, les tirages seront sans doute payants et peut être très chers.



Les mises et relances des joueurs agressifs sont moins respectées et peuvent attirer d'autres joueurs avec des mains plus faibles. Dans ce cas, attention à faire les ajustements nécessaires lors de la lecture de chaque joueurs. De plus, il faut éviter de se faire soi même piéger, et ne pas se retrouver à jouer de gros pots hors de position avec des mains moyennes.

Un joueur qui folde souvent va avoir une image "faible" (ou weak). C'est à dire que ses adversaires s'ils le remarque essairont souvent de le faire se coucher en misant. Au contraire, contre un joueur qui se couche facilement, il faut miser peu pour ne pas l'effrayer et être très vigilant quand ce type de joueur commence à résister. En général, il a un jeu très fort.

Un joueur qui paye souvent (calling station) est un bon candidat pour la valorisation des mains. Cependant, attention à ne pas franchir la limite, car passé une certaine limite, ce type de joueur aura tout de même une main très forte. De plus, certains joueurs peuvent être peu agressif et se contenter de payer avec des jeux forts. Il ne faut pas confondre une calling station (joueur qui paye souvent avec des jeux faibles) et un slow player (joueur qui se contente de payer avec des jeux forts).

Un joueur qui checke souvent est intéressant pour jouer des mains à tirage. Comme il va jouer "doucement" des jeux moyens voir même assez fort, il va laisser des cartes gratuites à ses adversaires. Contre ce type de joueur, attention à ne pas faire trop de bluff s'il paye souvent derrière un check, et déterminer à quoi correpondent ses mises: mise t il ses jeux très fort ou plutot ses tirages et ses bluffs ?

Tout cela fait beaucoup de paramètres à observer pour essayer de cataloguer ses adversaires et prendre en compte ses habitude et ses "pattern" (enchaînements de mises). Pour cela il faut essayer d'observer tous les coups, enregistrer les séquences de mises puis les remettre dans le contexte si un des joueurs montre des cartes à l'abattage. Il faut essayer de deviner la range de chaque joueur (l'éventail de mains qu'il peut avoir) à chaque étape du coup, et revoir l'ensemble une fois que l'on connait la main de chaque joueur.

Ces mises sont elles classiques ou montrent elles des particularités ou des failles? Y a t il des inconvénients majeurs dans leurs choix et comment peut on les exploiter ? Peut on créer des catégories de joueurs qui vont avoir des comportements similaires dans tels ou tels types de situation.


Cette habileté est primordiale, car elle peut faire la différence entre payer un tapis à la rivière ou pas ce qui peut faire une différence énorme en Cash Game ou en Tournoi: gagner de gros pots avec des jeux moyens en payant un bluff ou coucher un gros jeu et de pas être éliminé ou économiser 2/3 de cave.

Cette capacité demande beaucoup de concentration et d'endurance en concentration, une bonne mémoire, des capacités d'analyse, du bon sens. Si vous pensez ne pas les avoir, dites vous que ces capacités fonctionnent comme des muscles: plus vous les sollicitez, puis il s'améliorent...


Par la suite, j'essairait de faire quelques articles sur certains types de mains en les replaçant dans ce contexte.


Je compte aborder quelques thèmes comme le reraise preflop de mains comme AK, QQ, JJ preflop, et comment enchainer par la suite.


Un autre thème que je compte aborder est le dosage d'une main comme "Deux paires au flop"


A chaque fois, je pense qu'il n'y aura pas de conclusions définitives, mais j'essaierai de voir comment chaque paramètre peut influer la décision vers une voie ou vers une autre.

dimanche 31 août 2008

Attention à la Frustration

Il vous est sans doute arrivé de commencer une partie et de rien voir pendant 50 mains ou plus. Très peu de mains preflop, quand vous voyez un flop il n'y a rien pour vous, si ce n'est une 3eme paire inexploitable de temps en temps ou un tirage ventral. Pire, devant ce désert de jeu, vous tentez quelques moves pour maintenir votre stack, et à chaque fois, on vous revient dessus. Ou tout simplement, un adversaire s'accroche sérieusement et il devient de plus en plus hypothétique de le voir se coucher à la rivière. Encore pire, vous touchez un petit jeu, quelque chose comme Top Paire Good Kicker, vous vous dites que vous allez enfin gagner un pot et devant l'action que vous recevez, il devient de plus en plus douteux que votre main est bonne. Vous abandonnez le coup, mais le flux des jetons par rapport à votre stack est unilatéral: vers la sortie. Pour autant la situation n'est pas forcément catastrophique. Vous avez encore une bonne profondeur dans votre tournoi, ou votre session de cash game est négative de quelques dizaines de blindes. Quand tout va mal comme ça, on peut aussi ajouter quelques monstres preflop ou au flop qui ne prennent que les blindes.


Un danger plus grand est en train de s'installer. La frustration:


- Vous avez envie de gagner un pot qui ressemble à quelque chose.

- Le doute s'installe. Fais je de bons lay down ou suis entrain de me faire marcher dessus ?

- Se peut il que ces joueurs touchent autant de bons jeux?


Ces sentiments sont légitimes. Comment imaginer des brelans chez vos adversaires quand vous même ne voyez pas une seule pocket?

Comment imaginer des quintes et des couleurs si vous ne touchez pas le moindre tirage quand vous voyez un flop?

Comment imaginer que le joueur adverse à touché top two paires quand vous n'avez pas floppé mieux que bottom paire la dernière heure?


Et pourtant nous savons tous que c'est tout à fait possible. Les bons et mauvais rush sont faits ainsi.


Le danger est pourtant double: prendre plus de risque pour faire des move parcequ'on ne croit plus les adversaires, et reconsidérer à la hausse le moindre jeu que l'on touche.


J'ai fait cette constatation chez moi lors de mauvaises sessions de cash game, je l'ai observé sur d'autres joueurs en live, et je viens de lire Gus Hansen se faire cette réflexion sur une main qu'il paye preflop alors que son début de tournoi est catastrophique au niveau réussite. (la moitié du stack perdu en 7 ou 8 mains jouées lors du premier niveau).


J'ai vu un joueur solide réfléchir plusieurs minutes à payer une mise représentant la moitié de son stack sur des blindes assez faibles, alors qu'un autre joueur sérieux à déjà payé à tapis. Sa main: QT pour Top Paire kicker T !! En tant normal, dès que la mise est payée une fois, il aurait jeté instantanément sa main sans même réfléchir. Ce jour là, ce joueur subissait un début de tournoi difficile, et il a cherché jusqu'au bout une bonne raison pour payer cette mise. Sans surprise, les deux joueurs ont montré quinte et set...


Quand les premiers signes surviennent, le mieux est sans doute de prendre le temps de se calmer et de se reconcentrer. Le plus sûr est de jeter toutes les poubelles et mains moyennes car il n'est pas évident que nous soyons dans les meilleures dispositions pour prendre des décisions difficiles.

dimanche 17 août 2008

Le respect de l'adversaire


Je continue dans le domaine de l'approche mentale de session. Dans cet article, je vais me focaliser sur la considération de l'adversaire. Pourquoi? Ne vous est il jamais arrivé de vous faire attraper par un fish parceque vous l'avez négligé? Vous l'avez joué à l'envers? Vous avez perdu un gros pot et celà vous a détruit le moral? Vous est il arrivé de jouer contre un joueur très fort et d'avoir perdu vos moyens contre lui parceque vous lui portiez trop de respect?

Je me souviens d'un bouquin sur la préparation mentale au tennis qui décrivait les différentes approches possibles au tennis. Je pense qu'il y a pas mal d'idées à repiquer.

1) Perdant - Perdant.
"Je suis mauvais, et mes adversaires sont mauvais". Cette approche est démoralisante. De toute façon, le poker joué sera tout pourri, et que le plus chattard gagne? Difficile de donner le meilleur de soi même dans ces conditions. Cette approche est je pense assez rare. En tout cas, il vaut mieux car ce n'est pas une approche "compétition". C'est au mieux une approche "loisir", et encore, pas la plus "fun". Mais dans un bad run... Attention.

2) Perdant - Gagnant.
"Je suis mauvais et mon adversaire est très fort". Au tennis, ça arrive. Vous avez perdu le match avant même de rentrer sur le terrain. En pratique, la tendance ne sera jamais inversée... A moins que l'adversaire se blesse. Cette approche conduit de la même manière au renoncement. Vous ne faites pas le maximum pour gagner ("de toutes façons, ça ne sert à rien, vu que je vais perdre"). Les qualités de l'adversaire combinées à votre renoncement font petit a petit pencher l'affrontement en sa faveur, ce qui ne fait que renforcer votre croyance. Il n'y a pas d'issue.
Au poker, c'est tout à fait applicable. Vous redoutez et respectez un peu trop un adversaire qui s'attaque à vous et vous marche dessus. Vous serez quasiment obligé d'avoir les nuts contre lui pour le jouer.

3) Gagnant - Perdant.
"Je suis bon et mon adversaire est mauvais". Le péché d'orgueil. La confiance en soi est une bonne chose. Par contre, penser que l'adversaire est mauvais peut amener quelques complications. Si vous pensez que vous allez gagner facilement, vous n'êtes pas à 100% de vos moyens vu que vous vous attendez à un match facile. Ce manque de concentration peut vous amener à faire des erreurs. Et en poker de tounoi, une erreur peut vous mettre dehors. En CashGame mettons que vous avez un beau winrate potentiel de 15BB/100. Vous gagnez 15 caves toutes les 10k hands. Si Vous jetez une cave par péché d'orgueil toute les 2000 mains, vous gachez 1/3 de vos gains. Ce n'est pas neutre.

De plus, si vous commencez à perdre des pots importants contre des joueurs que vous considérez mauvais, quelque soit la raison (chance, bad beat, set ups, erreurs de votre part...), ce n'est pas bon pour le moral. Il y a même des chances que cela amorce un début de tilt... Voire pire. Si vous vous retrouvez short stack vous aurez peut être tendance à payez le premier coup à tapis plutot que de chercher méticuleusement des spots corrects pour remonter. Si vous commencez une session de cash "derrière", vous chercherez peut être à remonter trop vite en prenant des risques inconsidérés.


4) Gagnant - Gagnant
"Je suis un bon joueur et mon adversaire aussi". Vous vous attendez à un combat difficile. Vous êtes confiant en vos qualités, mais vous respectez celles de l'adversaire. Tous vos sens sont en éveil. Vous savez que la décision va se faire sur des détails, et donc vous êtes appliqués pour ne commettre aucune erreur. Vous cherchez la moindre faille chez votre adversaire. Cette approche est naturellement la meilleure.

Par ailleurs, si vous prenez un mauvais coup, vous l'encaisserez sans doute mieux vu que de toutes façons vous vous attendiez à un combat difficile. La perspective de continuer short stack en tournoi, ou de poursuivre une session en étant derrière ne vous fait pas peur. Cela faisait partie des possibles. Vous y étiez préparé. Vous continuez, concentré et motivé, à prendre les meilleures décisions possibles.

Il y a parfois beaucoup de dédain au poker. Un tel est un "fish", un autre est un "donk". C'est souvent un jeu, parfois non. Mais attention à ne pas tomber dans un excès d'optimisme ou de pessimisme. Chaque joueur de poker est un joueur plus ou moins motivé, plus ou moins expérimenté, plus ou moins concentré. Même s'il fait des erreurs, il ne fait sans doute pas "toutes" les erreurs. Attention à bien cibler ses points faibles, et à jouer dessus. Et attention à ne pas faire de plus grosses erreurs que lui par mégarde. Ne vous attendez pas uniquement à marcher sur la table et à monter un stack rapidement. Ce n'est qu'un scénario possible. Cela demandera un engagement optimal pour monter ce stack, et tout autant pour ne pas redistribuer les jetons.

Contre un très bon joueur, tout n'est pas perdu. Il a peut être plus de technique que vous. Il vous lit peut être mieux. Fait peut être moins d'erreurs. En CashGame, il vaut mieux l'éviter. En sortant si la table n'est pas assez bonne, ou en restant mais en le jouant "blindé" si vous le jouez. En sitAndGo et en tournoi, vous ne pouvez pas l'éviter complètement. Mais cela vaut le coup de s'accrocher, d'essayer de faire le moins d'erreurs possibles, et de gagner du temps. Vous pouvez l'attraper sur un setup ou un badbeat. Il peut se faire attraper par un joueur moins bon. Il peut perdre patience et commettre le péché d'orgueil. A son contact, si vous l'observez bien, vous apprendrez peut être quelques trucs qui vous resserviront. Il peut lui aussi faire des erreurs. Et sur une erreur, il peut sortir, ou lacher une cave.



L'approche "gagnant - gagnant" est la meilleure, quels que soient les qualités ou les défauts d'un joueur. Si vous avez pris une avance conséquente dans une partie en jouant un très bon poker et en respectant tous vos adversaires, attention à ne pas tomber dans une approche "gagnant - perdant" et à ne pas gacher une fin de partie en vous relachant. Une erreur peut relancer un joueur, ou vous faire perdre votre avance. Continuez le travail au maximum de vos possibilités tant que la partie n'est pas terminée.

Ce n'est pas manquer de respect à quelqu'un de lui trouver des points faibles, et de se concentrer dessus pour optimiser ses chances de gagner. C'est un péché d'orgueil de penser que l'on est très supérieur à un autre joueur, et de penser que l'on peut jouer en dilettante contre lui et gagner quand même. Cela marchera parfois. Cela coutera très cher d'autres fois. Et tout ce qui coute de l'argent au poker est une erreur à gommer.

jeudi 14 août 2008

Comment aborder une session ?

Au vu des dernières discussions avec certains de mes collègues, il apparait que beaucoup d’entre nous avons un problème commun en ce moment. Nous faisons des erreurs que nous connaissons. En direct, lors de la mise, du allin, du call, de l’entrée dans une main, nous savons que c’est une erreur. Et pourtant, nous le faisons quand même. Tilt, encore et toujours… Comment combattre ce fameux tilt ?? D’où vient il ? Quelle est sa naissance, comment le gérer ?

Aujourd’hui, je n’aborderai pas comment le gérer. Cet article sera plutôt orienté sur « Comment l’éviter », en parlant des objectifs d’une session.

La naissance.
Souvent, il nait d’une sensation d’injustice après un bad beat, ou d’une frustration lors d’un bad run, un mauvais set up, une période sans jeu un peu longue… Mais parfois aussi, d’une frustration liée à une session négative ou moyenne qui ne décolle pas. D’un objectif financier que l’on s’est fixé qui n’est pas atteint

C’est là dessus que je voudrais insister : les objectifs d’une session. Ce sont des objectifs à court terme. Quelques centaines de mains en cash game, quelques Sngo, quelques MTT. Je pense qu’on ne peut pas se fixer d’objectifs financiers sur une durée aussi courte. Le résultat financier d’une session courte va dépendre de plusieurs facteurs :

- la qualité des autres joueurs.
- la qualité de son jeu technique
- la gestion mentale de la session
- la chance, les cartes

On peut influer sur la qualité des autres joueurs par une sélection des parties.
On peut influer sur la qualité de son jeu.
On peut influer sur la gestion mentale de la partie.
On ne peut pas influer sur la chance et sur les cartes.

Conclusion, on ne maitrise pas le résultat financier d’une session courte au poker. Et on ne peut pas se fixer d’objectifs financiers sur une session courte. Au poker, on ne décide quand rentre l’argent. Par contre, on peut faire le maximum pour minimiser ses pertes et pour optimiser ses gains. Mais cela ne garantira pas une session positive.

Je pense que non seulement c’est une erreur de se fixer un objectif financier à court terme, mais de plus, je pense qu’il faut se détacher du résultat financier en cours de session. Les seuls facteurs qui doivent nous influencer sur le fait de poursuivre une session ou de la stopper sont :
Est-ce que la table ou ces tournois sont bons pour moi en ce moment ?
Est-ce que je joue bien techniquement en ce moment ?
Est-ce que je suis mentalement et émotionnellement en état de bien jouer au poker ?
Est-ce que je suis fatigué ? (qui rentre dans la catégorie précédente)

1) La qualité des autres joueurs
La qualité des autres joueurs peut parfois être influencée, au moins en CG ou en SitAndGo par une sélection de table. Pour les MTT, le tirage aléatoire des tables rend les choses plus compliquées. Néanmoins, posons-nous la question avant de commencer un tournoi. Somme nous meilleurs que la majeure partie des joueurs au départ ? Avons-nous une espérance de gain positive sur ce tournoi ? Nombre de joueurs, nombre de payés, niveau des joueurs, BuyIn ,… Nous pouvons décider de jouer sur un BuyIn plus élevé que d’habitude, parce que notre bankroll nous le permet, parce que nous maîtrisons la limite inférieure. Néanmoins, attendons nous à des résultats plus difficiles au début. Concentrons nous sur l’apprentissage de cette limite plus que sur le résultat financier.

Sinon, choisissons plutôt des limites ou les joueurs sont globalement plus faibles que nous. Dans ces conditions, nous optimisons nos chances de gagner.

2) La qualité de son jeu.
Ce facteur ne dépend que de nous. Nous avons des acquis preflop, postflop, lecture des joueurs. Nous devons toujours avoir en tête de ne pas jouer à l’opposé de ce que nous savons. Ce peut être un objectif majeur de la session. Ne pas prendre de décision contraire à notre conviction. Et si jamais nous le faisons quand même, notons la main en question. Quel que soit le résultat de la main. Au final, nous ferons le bilan sur ces mains. En reprenant les mains une par une, techniquement, avions nous raison de redouter notre prise de décision ? Quel est le bilan financier de ces mains ?

3) la gestion mentale de la session
Je me concentre sur le fait de ne pas tilter quoi qu’il arrive. Je me concentre sur ma technique. Que se passe t’il à la table. Que fait on sur cette main en particulier ? Si jamais on perd les pédales, on ferme les tables de cash game. On ne relance pas de tournoi, on ne relance pas de SitAndGo. On ne regarde pas le résultat financier, on se concentre sur la technique. Et quoi qu’il arrive, on s’accroche, on ne tilt pas. Si le tilt monte, et qu’on arrive pas à le gérer, on arrête.

4) les cartes, la chance. On ne maitrise pas. Donc on s’en détache. La chance s’équilibre sur le long terme. Les tilts s’additionnent sur le long terme. Avant de commencer une session, on peut se préparer à jouer des bad beats, des mauvais setups, des longues périodes sans jeu. Préparons nous à bien jouer ces mauvais cycles. A jeter les cartes, à encaisser les mauvais coups et à rester calme, lucide et concentrés. Si le tilt monte, on arrête. Si on a des techniques pour se calmer, on peut les mettre en pratique et continuer. Mais il faut rester vigilant et être prêt à tout arrêter et à se re concentrer.

C’est sans doute un point sur lequel travailler. Comme dans beaucoup de sport, il est très dangereux de se fixer des objectifs de résultat et de se focaliser dessus. Je pense qu’il est préférable de se fixer des objectifs d’excellence. C'est-à-dire s’appliquer à bien faire, du mieux possible. Une fois que l’on a fait de son mieux, on peut constater le résultat, et revenir sur ce que l’on a bien fait ou mal fait. Ensuite, entre deux compétitions, on travaille ses points forts et ses points faibles, et on passe ensuite de nouveaux tests.

Le résultat ne dépend rarement que de nous. Le ou les adversaires avaient le même objectif que nous. Ils se sont entrainés eux aussi pour ça, et ils nous étaient peut être supérieurs ce jour là. Au poker de plus, ils ont peut être aussi eu de la chance. Nous étions peut être supérieurs techniquement, mais nous avons craqué mentalement ? C’est une dimension à part entière de la compétition.

Quel que soit le résultat, bon ou mauvais, quel que soit le niveau d’excellence auquel nous avons évolué, il ne sert à rien de se fustiger au-delà du raisonnable. Reprenons nos parties lucidement, travaillons nos points faibles, soyons vigilants pour entretenir nos points forts, et préparons nous au prochain combat. Fixons nous des objectifs que nous maitrisons. Soyons concentrés sur ces objectifs d’excellence.

Une nouvelle fois, je suis persuadé que cette attitude positive sera largement payante sur long terme.

mercredi 13 août 2008

Comment gagner de l'argent au poker ?

Un article au titre un peu aguicheur. Je vais libérer tout de suite les personnes pensant y découvrir une révélation, je n'ai pas la recette miracle. Néanmoins, je vais essayer de faire un petit tour d'horizon assez simple, mais qui peut permettre de recadrer certaines choses. Revenir aux bases et aux fondamentaux peut parfois faire du bien. Il peut arriver qu'après un apprentissage réussi et le passage des débuts perdants à plusieurs mois régulièrement gagnants, le joueur essaye de passer à la vitesse supérieure et se perde un peu dans son poker, stagne voir même régresse. En fait, il ne sait plus très bien pourquoi il gagnait, pourquoi il ne gagne plus, et comment faire pour reprendre une progression sereine et régulière.


La progression d'un joueur peut créer pas mal de turbulences ou l'amener à commettre quelques erreurs (de plus).


La montée de limite (CashGame, SnGo, Tournois).
Ce n'est pas forcément une erreur, mais inévitablement, on affronte des joueurs plus forts. Et forcément, on gagne en général moins et moins souvent. Conséquence, le joueur se confronte à des joueurs meilleurs techniquement et mentalement. De plus, le jeu peut être différent aux limites supérieures, et il faut un temps d'adaptation pour maîtriser de nouvelles subtilités (3Bet light, Steal, Resteal, Floating,

La modification de son jeu.
De même, ce n'est pas une erreur en soi. Faut il nécessairement essayer de devenir Loose Agressive quand on est tout juste un joueur Tight Semi Agressif correct? Rien n'est moins sûr. Après la mise en place d'un jeu serré et prudent, qui souvent permet de d'obtenir de bons résultats aux petites limites, le joueurs essaye d'élargir son jeu, et d'être plus agressif. Cette modification peut être compliquée. Elle demande une grande habileté dans le jeu postflop et la lecture des joueurs adverses. Une évolution LAG mal réalisée peut être catastrophique. Conséquence, au lieu de devenir LAG, le joueur devient plutôt donk.

La poussée d'ego.
Alors qu'au début le joueur novice redoutait et respectait tout le monde, et du coup évoluait avec beaucoup de prudence et de pondération, le joueur après quelques mois de succès peut se sentir pousser des ailes et décider qu'il temps de commencer à raser les tables. Conséquence, il sur joue beaucoup de mains et s'empale régulièrement contre des monstres.

Le tilt.
Ce n'a peut être rien a voir avec la progression. Ça a peut être a voir avec le point précédent. Lorsque le joueur débute, il cherche tout d'abord à ne plus perdre d'argent. S'il atteint cet objectif, il va jouer de plus en plus sereinement. Il fait de moins en moins d'erreurs, et gagne de plus en plus. Du coup, il encaisse assez bien les bad beat. "Ça devait arriver". "C'est le poker". Le joueur s'émerveille de ne plus perdre et de monter petit à petit une bankroll. Dans la seconde phase, le joueur modifie son jeu, monte de limite, se donne des objectifs plus élevés. La modification de son jeu fait que cela se passe un peu moins bien. Il reperd peut être même un peu d'argent. En tout cas, il est loin de ses nouveaux objectifs. Dans cette situation, la frustration commence à grandir. Le joueur est beaucoup plus sensible aux bad beat. Le tilt n'est pas loin. Et si le tilt se déclare, c'est une spirale négative qui s'enchaîne. Pertes record. Frustration grandissante. Tilt plus violent. Perte de confiance... En fait, la stagnation initiale n'est due au départ qu'à des erreurs dues à de mauvaises applications des nouveaux concepts appris d'une part, et au fait d'affronter de meilleurs joueurs d'autre part. Ensuite, le tilt fait le reste.

Vouloir attraper un joueur trop vite et la perte de patience en général
Beaucoup de monde a vu le film "Les joueurs" (Rounders) et connaît la maxime suivante: "A une table de poker, si tu ne trouve pas qui est le fish, c'est que le fish c'est toi". Je me souviens de mes débuts fébriles à la table ou online en espérant secrètement ne pas être le fish. Mais en fait, j'avais bien d'autres préoccupations. Dès que je recevais deux cartes, je me demandai à chaque action ce que j'allais bien pouvoir en faire. Call? Fold? Raise? A chaque nouvelle lecture d'un livre, je devais resserrer mon jeu et prendre sur moi pour arrêter de payer des relances avec des mains pourtant super sexy comme "KJs" ou "A7s". Découverte de la domination, puis de la position. L'apprentissage de la technique de base m'empêchait de me concentrer sur les autres joueurs. Puis avec le temps, je me suis trouvé une Range de mains viable, et un système gagnant à mes limites. Et j'ai commencé à regarder les autres joueurs, et à m'apercevoir que certains faisaient des erreurs. "Lui, c'est un fish, je vais l'attraper". Jusque là tout va bien. Seulement le risque, c'est de confondre "Allez à la pêche" et "Allez chez le poissonnier". Dans un cas, on se prépare à une lutte, on prépare son matériel, on choisit ses appâts, et à force de patience, on finit par attraper un fish. On n'attrape pas un fish sur la première main avec n'importe quelles cartes. Ce n'est pas parcequ'un joueur fait parfois des erreurs que l'on va l'attraper à la première occasion. Il m'est arrivé de me faire défoncer en cash game par un fish. En voulant forcer la prise du poisson, je me suis mis moi même à faire plus d'erreur que lui, et de plus grosses. Et cela se paye cher, car alors les rôles s'inversent.

Se fixer des objectifs démesurés.
Fort de quelques succès, et d'une bankroll naissante, on commence à avoir de grands projets. Dans un mois telle valeur, montée de limite, je réajuste un peu le ROI ou le gain horaire à la baisse, puis remontée de limite, ... et dans x mois, je tente de passer pro... Oula ! Et pourtant, qui n'a jamais eu ce délire au moins l'espace d'un instant ?? Avoir de l'ambition c'est bien. Mais attention au scénario cata. Montée de limite 1 OK. Arrivée de quelques difficultés dues aux meilleurs joueurs, on prend un peu de retard, on force un peu et on fait quelques conneries. L'écart sur le planning se creuse, on se frustre. On réagit mal à un ou deux bad beats classiques, et hop, un petit tilt des familles. Et on crame tout ou partie de la bankroll, tout est à refaire.

De plus les cycles, les rushs, les bads runs, je ne veux pas y porter trop d'attention, mais ça existe. Au poker, on ne choisit pas quand rentre l'argent à court terme. Par contre, quand je regarde les graphes de certains sur CP sur des volumes de 10k ou plus, que c'est quasi lisse vers le haut, et que d'autres pleurent qu'ils sont les plus gros bad runners que la terre ait jamais porté, Hand History à l'appui, je ne peux m'empêcher d'être dubitatif. J'ai plutôt tendance à penser que le premier joueur est un très bon joueur qui fait très peu d'erreur, et qui laisse passer les bad beats comme si de rien n'était, concentré sur sa technique, et que les autres joueurs se mentent et ne cherche pas à corriger leurs erreurs.

Le poker un est jeu de patience et un jeu d'erreurs. Les meilleurs sont les plus patients, ceux qui savent attendre les bonnes opportunités (et même les provoquer), et ceux qui font le moins d'erreur. Il m'arrive de temps en temps d'ouvrir une table de cahsgame à une limite au dessus de la mienne pour regarder. En général, cela n'a rien d'impressionnant. Le poker y est très semblable. Mais les joueurs qui y jouent sont souvent ceux qui faisaient le moins d'erreur à limite inférieure, qui y ont accumulé suffisamment d'argent pour se construire une bankroll pour jouer à la limite du dessus. Et si de nouveau ils font moins d'erreurs que les autres joueurs à cette limite, ils pourront accumuler les $ et de nouveau monter de limite. Jusqu'à se confronter à une difficulté importante. Il n'y aura que deux issues: résoudre ces difficultés ou redescendre à la limite inférieure. Ils auront atteint leurs propres limites. Pour résoudre les difficultés, une seule solution à mon avis: travailler. Et oui, je sais, c'est décevant. Mais chaque problème complexe à une solution simple qui ne marche pas. Et je pense que le poker est un jeu complexe.

A partir de là, on peut peut etre en tirer quelques lignes directrices:
- comment gagner de l'argent au poker ? En jouant contre des joueurs moins bon que soi.
- comment savoir qu'un joueur est moins fort que moi ? Il fait plus d'erreur que moi. Et donc je dois faire moins d'erreurs que les autres joueurs.
- comment faire moins d'erreurs que les autres joueurs ? En travaillant.
- que dois je travailler ? Tout.
- mais encore ? Vaste sujet.

Pour rester sur le thème des erreurs: d'abord, pour ne pas faire une erreur, il faut savoir que c'est une erreur. Donc, il faut se documenter sur la technique correcte. Les forums, les livres, les vidéos, les blogs, les teams, les discussions entre amis. Les moyens ne manquent pas. Ensuite, une fois qu'une erreur est identifiée, il faut pouvoir la mesurer. Pour cela, il est indispensable d'utiliser un tracker pour stocker toutes ses parties et toutes ses mains et les revoir systématiquement. Dès qu'on a un doute sur une main, le mieux est de la poster sur un forum ou il y a des joueurs meilleurs que soi. Et je pense que si on veut vraiment gagner de l'argent, ça vaut le coup de passer pour un con de temps en temps.
Pour vérifier s'il y a progression ou non, il faut vérifier les indicateurs. Le meilleur indicateur, c'est la balance financière. Combien nous coûte cette erreur? Sur cette main? Sur la session, sur le mois, sur l'année ?

D'où peuvent venir les erreurs? D'un peu partout. Et les erreurs peuvent occasionner des pertes mais aussi du manque à gagner.
  • Les erreurs peuvent être sur la technique de carte. Sélections preflop, taille des mises, Miser, Payer ou se Coucher, agressivité incorrecte, décision d'engagement (commitment) dans une main...
  • Les erreurs peuvent être sur la lecture du joueur. Mauvaise appréciation de la HandRange adverse, mauvaise appréciation de ses intentions, ...
  • Les erreurs peuvent être psychologiques. Impatience, frustration, fatigue, tilt.
  • Les erreurs peuvent être dans la sélection des adversaires. Ne pas faire de pré sélection de tables en cash game, jouer à un niveau ou l'on est dominé en Sngo ou en mtt. Rester sur une table de cashgame qui n'est plus assez bonne.

Fouya! On n'est pas rendus, et j'en oublie sans doute.

Non, on n'est pas rendus. Il y a du boulot, mais par où commencer? La tâche semble si vaste que s'y attaquer sans un minimum de méthode semble présenter pas mal de risques de noyade. Ce sera l'objet d'un prochain article. Essayer de présenter une méthode de recherche des erreurs, et de recherche d'indicateurs objectifs, c'est à dire ne faisant pas intervenir la chance, pour pouvoir s'attaquer à ces erreurs petit à petit.

Ensuite, je pense qu'il parait normal de s'attaquer aux erreurs qui coûtent le plus cher. Donc la stratégie sera par exemple de sélectionner les 5 erreurs les plus coûteuses, de noter combien elles nous ont coûté sur un échantillon de mains significatif (ou de Sngo, ou de Mtt), puis de rejouer le même échantillon en se concentrant sur ces erreurs. On refait alors le point, et si on a joué le jeu, comme par miracle, les résultats devraient être meilleurs. Il sera alors temps de chercher un autre groupe d'erreurs et de recommencer.