dimanche 29 novembre 2009

Semaine 2: Note 5/10

Je n'arrive pas à trouver autre chose pour le titre. J'aurais pu mettre "moyenne" en fait. Une semaine un peu molle. Je n'ai pas bossé des tonnes, j'ai joué pas mal au poker. En volume.

Lundi rien. Traumatisé de la semaine précédente. Pas envie plus que ça. Envie de récupérer. Juste le traditionnel triple up cash game avec Yoren et Fred. Rien de favorable, je perds une cave. Je manque de confiance et de réussite.

Mardi soir, Casino avec Chri. Je retrouve quelques spots favorables, sans réussir à faire un écart. Je finis à -30€ sur une table bien faible. Mais on se retrouve vite à 6, puis à 4. Par contre, Christophe me donne une leçon de "Comment se faire défoncer par des fishs avec AK". Je le note.

Mercredi: Retour sur Partouche online. Une session de 2h30 et 700 mains ou je perds 25€ en NL20. Je reste sur le run du week end dernier. Je me fais défoncer, mais c'est un peu moins violent. Je joue entre 12h30 et15h00, en me levant. Les tables ne sont pas excellentes. Le soir, un super concert de M aux docks des Suds. Miam !!

Jeudi: Deux sessions sur Partouche. Je retourne au charbon en me levant ou quasi, vers 13h00. 2200 mains pour 08h00 de jeu. La session commence mal, jusqu'à 17h00 les tables ne sont pas excellentes, j'ai des spots pas top, je les joue mal. Je suis derrière quand après 17h00, les tables s'améliorent nettement. Je commence à retrouver des spots et des fishs. J'ai de nouveau quelques mains qui tiennent. +45€

Je lance une 2eme session apres la réunion SPAM. 5h30 de jeu pour 1700 mains entre 22h30 et 04h00 du matin. Je retrouve une session ou ça run bien. Bonnes tables, bon spots. Je joue tranquille en attendant les spots et j'encaisse. +81€

Vendredi, pas de jeu: Préparation puis enregistrement de SPAM. Une soirée très sympa avec Voj, Morgan et Didier dans une ambiance détendue.

Samedi: journée bucheron improvisée. On va débiter les arbres que Sly a fait abattre cet été. Je me reveille après une mauvaise nuit, la tête à l'envers. Ensuite, une journée physique, pendant laquelle je me découvre une bonne bronchite. Dommage, j'adore casser du bois et la journée est ensoleillée et magnifique entre amis. Et la journée se poursuit avec l'anniversaire de Philippe. Une fin de journée très longue ou je me traine. J'ai besoin de me retaper...

Dimanche: ... mais j'enchaine sur une session cash live à 4 ou je me fais proprement défoncer. Après une bonne nuit, je vais moins mal que la veille, mais au niveau poker c'est la cata. Rien qui passe, rien qui tient. Les jeux qui touchent sont perdants ou battus. Les bluffs sont payés par des mains limites. Des décisions proches qui peuvent passer. Bref, rien. Du coup, je préfère écrire ce billet plutôt que de risquer de lancer une session online. J'ai la crève. Je suis fatigué. Il faut aller dormir et se retaper pour la semaine prochaine ou il va falloir envoyer du sérieux.

Une semaine sans ligne directrice. Ou j'ai fait des sessions online trop longue Jeudi pour être reproduites. Elles se passent bien au final. On va dire que cela m'a permis de remonter mes pertes du we passé, et de repérer qu'il vaut mieux délaisser la plage 12h00 -->17h00 et privilégier les plages 17h00-->20h00 et 21h00 ++.

Je commence a avoir du mal à prendre de l'argent au réguliers. Je pense avoir été bien perdants contre eux cette semaine. Ce n'est pas normal. Comme je n'ai pas de tracker, et que je joue 4 tables, il va falloir que je fasse quelque chose: 1) Convertir mes fichiers d'historique pour les intégrer dans ma base de donnée ou 2) Faire des vidéos pour revoir mes sessions pour les revoir et prendre des notes a tête reposée. 3) Repasser à 2 tables ?

Je pense que je dois dans l'ensemble arrêter les sessions de plus de 3h00 sans pose. Dans l'idéal, 2h me parait pas mal.

Je n'ai pas fait de tournoi cette semaine. Je vise le 250k garantis sur Everest Dimanche prochain. Il faudra l'intégrer dans le planning du téléthon.

Bilan Online: 4600 mains en trois sessions et 16h00 de jeu. +102€ pour 11bb/100 mains.

Je suis assez satisfait par le résultat chiffré, résultat et volume, mais pas trop par la qualité de jeu les conditions dans lesquelles j'ai joué.

Objectifs de la semaine prochaine: manche MH, 250k garanti sur Everest, manche live avec l'équipe MH, jouer 2k mains de CG sur Partouche. + Vidéo + débriefing. Se retaper au niveau santé. Et faire avancer les projets pro qui n'ont pas assez bougé cette semaine.






mardi 24 novembre 2009

Semaine 1: Ca part pas top

Déjà, je n'ai pas eu trop le temps de jouer dans la semaine. J'ai eu pas mal de choses à avancer dans la semaine et du coup, je n'ai pas ouvert les tables de cash.

Je me suis contenté de la manche MH Mardi soir, ou je vais jouer un tournoi de merde. Une table ou je ne me sentirai jamais en confiance. Pas de mains que j'aime jouer, beaucoup de joueurs qui me connaissent. Aucun move qui passe, quelques mains difficiles. Je finis par sortir 23e sur un gamble douteux. Pourtant j'ai réussi a monter des jetons assez vite dans ce tournoi... Très décevant au final.

Vidéo Replayer ici: MHOP2 Manche 3

Il faudra attendre Samedi pour que j'ouvre Partouche. Une première session de NL20 SH à 4 table en début d'aprem. Tout se passe bien. 2h de jeu, 500 mains, +63.25 euros.

Le soir, vers 22h30, je décide de refaire une autre session de 2h avant de me coucher. Je joue au tennis le lendemain matin avant d'aller au live MH. La session commence bien, je destacke une top paire avec un brelan dans les première 10 minutes, et puis l'enfer commence. Je ne vais pas rentrer un tirage de la soirée dont pas loin de 10 à 12 outs et plus. Je vais toucher mes brelans sur des flops unicolor ou le turn apporte une 4e carte de la couleur. Pas de trips, mes deux paires se font contrefaire. Mais grosses pocket n'ont pas d'action ou se font craquer. Je vais floper brelan brelan de 7 sur 789 tricolor: check raise payé. Turn 8: grosse mise payée. Rivière 9... Je check fold le tapis de mon adversaire. A9 en face. Le spot de la soirée: J'ai Ax a coeur dans un pot relancé à 3. Flop Axx dont deux coeurs. Je call le CBet du joueur en blind, le 3e joueur aussi. Turn J de coeur. 2e barrel que je paye avec les nuts, payé par le joueur 3. Riviere, l'as double. 3e barrel que je paye a contrecoeur, le 3e joueur paye aussi. AJ chez le premier, Kx a coeur chez le 3e... Un pot a quasi 400bb.

La session va durer de 22h30 à 08h30 du matin, sans pause. Je vais avoir deux périodes de tilt sur les pires enchainements, durant lesquels je vais gâcher un peu, mais pas tant que ça. Au final, -155 euros sur la session de 10h, en 2100 mains.

Bon, la perte on s'en fout, je la remonterai vite. Mais ça me fait bien rire d'écrire de beaux articles sur la gestion de soi pour faire des sessions comme ça qui n'ont aucun sens. Surtout après avoir pris des résolutions d'engagement...

Je pars au tennis dans la foulée, il pleut c'est annulé. Du coup direction Gemenos pour le live. Première main je relance J6s pour mettre un 3 barrel bluf en ayant trouvé un tirage carreau. Je gagne sur la mise river, mais je me dit tient, je suis toujours en tilt.... Finalement, je vais avoir des hauts et des bas en jouant pas mal de mains (plus ou moins bien) jusqu'à la derniere main avant le repas. J'ai AA en debut de parole, blindes 100/200 ante 25. Je relance à 700. Le CL paye mes 700 et Rikku de blindes relance à 2100. Nous avons tous les deux 8000 de stack. Je pousse tout. Elle hésite un peu puis paye avec TT. Un pot à 80 blindes... qui me passe sous le nez quand la 2e carte apporte un T... Bon et bien ça c'est fait. J'avais besoin de beaume au coeur, je vais plutôt en reprendre une couche.


Du coup, un bilan assez sympa sur la semaine:
Deux manches MH à 0 pt, 2600 mains de CG pour -450bb, pas de tournoi online joué.

Mais une leçon à retenir. Jouer régulièrement au poker, c'est apprendre à gérer le mieux possible les mauvaises périodes. De ce coté, peut mieux faire. :o)

lundi 16 novembre 2009

So what ? Let's Go Baby !

Voici venu le temps de faire un petit bilan de l'année, et des conséquences qui en découlent.

Au niveau professionnel, j'ai arrêté de travailler début Mars. Je me suis mis en dépression pendant 3 mois. J'ai ensuite soldé mes congés puis négocié mon départ de Shaktiware. Au bout de 10 ans dans cette société, je n'avançais plus. Je n'avais plus envie. La situation chaotique dans la société était très compliquée. Je pense avoir pris une bonne décision. Il était temps de partir sur autre chose, mais quoi?


Cette question sans réponse n'a pas été sans conséquence au niveau poker. Mon petit niveau tout à fait décent est cependant loin d'être suffisant pour m'assurer des revenus pour vivre. Et mentalement, émotionnellement, j'étais loin de posséder la confiance et la détermination à toute épreuve que doit posséder un postulant à cette activité. Du coup, j'ai continué à jouer sur le même mode. J'ai continuer à jouer en micro stackes sans travailler plus que ça, sans m'engager vraiment, sans prendre le moindre risque, sans me donner la moindre chance de réussir.

En juin, je suis parti à Vegas avec les copains, nous avons passé deux semaines vraiment géniales. Nous avons aussi réussi de grosses perfs. Trois tournois dealés dans les 3 premiers, 4 tables finales, 6 cash out. 35k$ de gains pour un bilan d'ensemble largement positif.

J'ai également continué à m'investir dans la radio SPAM, et dans le Webzine ChipLeadpoker. SPAM permet de passer de bonnes soirées avec les membres de l'équipe et les invités et reçoit un retour sympa. ChipLeadPoker procure peu de séances de travail en commun, mais le résultat est vraiment très satisfaisant. A chaque magazine, nous progressons et le résultat est vraiment encourageant.

A la rentrée, un autre évènement s'est produit en parallèle de mon départ de Shaktiware. Morgan, déjà à l'origine de SPAM et ChipLeadPoker se voit confier un blog dans une room de paris sportifs et de poker. De plus, il doit constituer une petite équipe de joueurs pour représenter la room sur quelques évènements pour un volume d'environ 10k$ par personne. A aucun moment je n'imagine être postulant. Je n'ai quasiment aucun CV. Je n'ai fait aucun event majeur. Je suis juste un joueur gagnant chaque année depuis trois ans, j'écris quelques articles stratégiques destinés aux débutants et aux joueur dégrossis. Bref, pas de quoi intéresser une room pour la représenter. Une 2e place dans un tournoi à 150$ de 250 joueurs, c'est peu.

Et puis, alors que deux de mes potes, Florent et Simon, sont pressentis pour représenter la room avec Morgan, plusieurs amis du groupe vont intervenir pour plaider ma cause, et convaincre Morgan que je dois faire partie de l'équipe. Leur lobbying n'aboutira pas. Mais je suis à la fois très touché, et surpris. Touché par leur confiance et ces encouragements, surpris car je n'ai jamais imaginé être aussi près d'avoir ce genre d'opportunité. Néanmoins, quand je regarde les CV de chacun, je suis derrière. J'ai sans doute des arguments à faire valoir. Même si certains pensent que j'ai un niveau comparable à eux, je sais bien au fond de moi que j'ai un truc en moins.

Simon a une très bonne technique, une confiance à toute épreuve, il déteste la défaite, il a une stratégie à moyen terme clairement établie, et il s'y tient. Il a pris sa décision et il fonce..

Florent a peut être une technique moins aboutie pour l'instant, mais il ne se pose pas de questions, joue avec des joueurs plus forts que lui pour progresser. Il a envie, et il progresse tous les mois.

Quand à Morgan, même si je pense que c'est celui qui doit le plus progresser techniquement et au niveau contrôle de ses émotions, il a pour lui son envie et sa haine de la défaite. Il gagne package sur package depuis 2 ans. Il a origine de tous les projets. Il s'est sorti les doigts du chaud depuis longtemps.

De mon coté, je suis un joueur cultivé, mais je manque de confiance en moi et de détermination. Je ne me suis donné aucune chance de réussir, je n'ai pris aucun risque, je n'ai jamais cru en moi, je ne me suis jamais dit: "OK, pourquoi pas moi, let's go baby !!"

Cet épisode va faire son petit bonhomme de chemin, et m'amener à participer au 500k$ garanti d'Everest. C'est un tournoi à 336$, un tournoi hors budget pour ma bankroll. Mais quand même largement de quoi me le payer. La structure est magnifique. J'ai été raisonnable par rapport aux gains rapportés de Vegas, le déplacement à Dublin pour l'IPO a été annulé. Alors let's gamble. Je joue le tournoi concentré comme rarement, et l'épisode de Vegas se reproduit. Un ou deux coups qui me mettent en confiance au début, une table facile, les bons spots au bon moment, et un deep run qui m'envoie ITM. Plus un coup de chance qui me permet de monter encore dans l'échelle des places payées avant qu'une paire d'As craquée finisse par me stopper. Au final 41e sur 1500 et 2500$ de gains. La chance sourit aux audacieux ?

Lors de ce tournoi, je m'aperçois de plusieurs choses: le field est largement jouable, même si je ne suis pas parmi les meilleurs joueurs. Jouer ces tournois peut me permettre de progresser au contact de meilleurs joueurs. Ca me donne une chance de chatter une grosse perf.

Dans les semaines qui suivent, une troisième place sur un tournoi SH à plus de 100 joueurs, et une victoire sur un 5$ à plus de 100 joueurs également.

Du coup, la motivation revient peu à peu. Je cherche un moyen de financer des shoots réguliers sur des tournois entre 100$ et 300$ de buy in. Notamment des qualifs pour des tournois live plus important. Car là encore, j'ai pu le voir à Vegas, il y a beaucoup de progrès à faire pour faire partie des meilleurs, mais je suis loin d'être ridicule.

Alors comment financer un ou plusieurs tournois par semaine à ces buy in? La réponse que j'obtiens est en Cash Game SH. J'avais un peu mis cette activité de coté ces derniers temps, mais je reste persuadé que j'ai les moyens de bien m'en sortir aux petites limites, et plus si je travaille sérieusement. Du coup, je retourne jouer sur Partouche en NL10 avec mes 65€ restant sur ce compte. Le niveau est tellement faible qu'il est impensable de ne pas décoller sur ces tables. Effectivement, en trente jours, je vais gagner plus de 600€ en jouant environ 10k mains de sh NL10 puis NL20. Et encore, il y a pas mal de gâchis en tilt sur certaines sessions facilement évitables. Et 10k mains, je peux faire plus vu le temps dont je dispose.

Du coup, une stratégie commence à poindre pour fin 2009:

1: continuer à moissonner sur Partouche la NL20 puis s'attaquer à la NL50.
2: gommer les mauvaises périodes qui ne me plaisent pas dans ces sessions, et m'améliorer contre les joueurs moins mauvais que les autres.
3: faire quelques tournois à entre 100 et 300$ sur Everest (field plus faible et plus restreint que sur PS)
4: Affiner début 2010.

J'ai déjà fait un 10k garanti sur Everest cette semaine ou je ne finis pas payé (23e sur 114, 10 places payées), mais que le niveau était pitoyable par moment!

Professionnellement, je vais travailler en indépendant. J'ai déjà un client solide, un petit client, et quelques opportunités qui se présentent éventuellement. Donc à moyen terme, l'idée est de partager mon temps entre un mi temps développement / services informatique, et un mi temps poker, pour continuer à progresser, me faire un CV et essayer de jouer quelques event live sympa.

En glandouillant cette année, j'en suis quand même à un bilan sympa:

CG live: +2000€
CG online +600€
Tournois live +3000$
Tournois online +1500$

J'ai atteint un objectif que je m'était donné pour 2008, mais plus pour 2009: une bankroll de 10k$.

Il faut compenser le qualificatif "en glandouillant" par un good run exceptionnel en tournoi MTT bien évidemment. Mais je reste persuadé qu'en jouant moins de merdouilles pour passer le temps, en travaillant plus mon jeu, en ayant un objectif et envie de l'atteindre, l'année 2010 devrait être belle.

J'ai passé l'année 2009 à essayer de nier mon envie de jouer sérieusement au poker, à essayer de la réfréner, à essayer de me convaincre que cela ne menait à rien. Cette situation m'a déprimé, car au fond de moi, j'en ai envie. De plus, même en jouant à reculons, je suis forcé d'admettre des signes encourageants. Admettre cette réalité peut aussi m'aider à retrouver un équilibre et l'envie d'assurer un à coté pour vivre mon mi temps poker. Il y aura forcément des périodes difficiles. Surtout en tournoi. Je ne peux pas espérer avoir des résultats aussi bons à court terme. A moi de m'accrocher, de continuer à bosser et à croire en moi.

Alors aujourd'hui, j'ai envie de dire: "Let's go baby".

A suivre.





vendredi 11 septembre 2009

Au secours, je perds mon jeu

Les périodes de doutes sont très fréquentes au poker. Il y a des hauts et des bas plus ou moins longs, c’est ce qu’on appelle la variance. Cette variance est supposée désigner des résultats moins bons ou meilleurs que ceux que l’on aura en moyenne étant donné notre niveau de jeu moyen. Cependant, parfois, la variance n’est pas la seule explication. Un joueur qui avait l’habitude d’être gagnant devient perdant, ou a l’impression de stagner, de ne plus progresser. Dans le pire des cas, nous aurons même l’impression d’accumuler les erreurs et de ne plus savoir jouer. Quelles peuvent en être les raisons ? Comment retrouver de bonnes lignes de jeu sobres et efficaces ? Voici quelques points de réflexion qui peuvent expliquer une baisse de résultats autrement que par le sempiternel « Je run bad ».



Le joueur était il vraiment gagnant ?


La question est abrupte et dérangeante pour l’égo. Étais-je vraiment gagnant ? Sur quel échantillon ai-je fait mon estimation ? En cash game, il est souvent admis que tout échantillon inférieur à 10 000 mains n’est pas représentatif. En tournoi, l’échantillon minimum doit être de plusieurs centaines de tournois. Si l’estimation porte sur des estimations plus faibles, il n’est pas impossible que le joueur ait bénéficié d’une bonne période et que son estimation soit faussée.

Le joueur a-t-il pris en compte tous ses résultats ? Ne pas compter ses périodes de tilt pour calculer son winrate en cash game, ou ne pas compter cette série de 100 sit and go catastrophique sous prétexte que cette semaine là, le joueur était vraiment fatigué et n’aurait pas du jouer fausse évidemment la donne. Combien de périodes de tilt se produisent en 10 000 mains ? Combien de semaine par an cet autre joueur joue-t-il fatigué ?

Occulter ces mauvaises périodes consiste à évaluer le potentiel de son meilleur jeu, mais malheureusement, on ne joue pas son meilleur jeu en permanence. Ce peut d’ailleurs être un axe progression : essayer de jouer son meilleur jeu le plus souvent possible.

La montée de limite


Inévitablement, quand on monte de limite, on affronte des joueurs plus forts techniquement et mentalement. Et forcément, on gagne en général moins et moins souvent. De plus, le jeu peut être différent aux limites supérieures, et il faut un temps d'adaptation pour maîtriser de nouvelles subtilités techniques, ou encore pour s’apercevoir que certains enchaînements de mise n’ont plus la même signification, qu’il y a quelques pièges dans les range de nos adversaires, etc. En bref, il faut le temps de s’adapter. De plus, nos amis qui nous livraient 100bb en cash game sur un mauvais bluff, ou qui nous faisaient doubler régulièrement dans le premier niveau du Sit And Go se font de plus en rare. Il faut se battre pour chaque jeton, et la bataille est de plus en plus rude.



La modification de son jeu


Dans sa quête de progression, le joueur est amené à faire évoluer son jeu. Faut-il nécessairement essayer de devenir Loose Agressive en cash game short handed quand on est tout juste un joueur Tight Semi Agressif correct de Sit And go? Rien n'est moins sûr. Après la mise en place d'un jeu serré et prudent, qui souvent permet d'obtenir de bons résultats aux petites limites, le joueurs essaye d'élargir son jeu, et d'être plus agressif. Cette modification peut être compliquée. Elle demande une grande habileté dans le jeu postflop et la lecture des joueurs adverses. Une évolution LAG mal réalisée peut être catastrophique. Conséquence, au lieu de devenir LAG, le joueur devient plutôt l’ami de tous les réguliers. La portée des modifications dans son jeu est assez difficile à évaluer au poker. Chaque modification peut avoir des résultats trompeurs à court terme à cause de la variance, du timing, des joueurs ciblés. Modifier trop d’aspects de son jeu à la fois va rendre encore plus difficile l’appréciation de la qualité de chaque modification. Enfin, changer radicalement son jeu va modifier son image à la table, ce qui fait une chose de plus à laquelle s’adapter.

La poussée d'égo

Alors qu'au début le joueur novice redoutait et respectait tout le monde, et du coup évoluait avec beaucoup de prudence et de pondération, le joueur après quelques mois de succès peut se sentir pousser des ailes et décider qu'il est temps de commencer à raser les tables. Conséquence, il sur joue beaucoup de mains et s'empale régulièrement contre les monstres des autres joueurs qui continue de jouer leur jeu serré et patient. Une fréquence de bluff trop élevée, une sélection trop loose préflop, l’abandon du respect de la position ou encore arrêter de sélectionner ses parties peuvent être des erreurs fréquentes en cas d’excès de confiance.


Le tilt

Dans l’excellent « Poker Mindset », le tilt décrit tout état particulier ou le joueur ne joue pas son meilleur poker. Les raisons peuvent être très variées. Une des causes de tilt les plus répandues est le bad beat, mais aussi la réussite globale du joueur durant ses dernières sessions. Lorsque le joueur débute, il cherche tout d'abord à ne plus perdre d'argent. S'il atteint cet objectif, il va jouer de plus en plus sereinement. Il fait de moins en moins d'erreurs, et gagne de plus en plus. Du coup, il encaisse assez bien les bad beat. "Ça devait arriver". "C'est le poker". Le joueur s'émerveille de ne plus perdre et de monter petit à petit une bankroll. Dans la seconde phase, le joueur modifie son jeu, monte de limite, prend confiance et se donne des objectifs plus élevés. La modification de son jeu fait que cela se passe un peu moins bien. Il reperd peut être même un peu d'argent. En tout cas, il est loin de ses nouveaux objectifs. Dans cette situation, la frustration commence à grandir. Le joueur est beaucoup plus sensible aux bad beat. Le tilt n'est pas loin. Et si le tilt se déclare, c'est une spirale négative qui s'enchaîne. Pertes record, frustration grandissante, tilt plus violent, perte de confiance... En fait, la stagnation initiale n'est due au départ qu'à des erreurs dues à de mauvaises applications des nouveaux concepts appris d'une part, et au fait d'affronter de meilleurs joueurs d'autre part. Ensuite, le tilt fait le reste.


Se fixer des objectifs irréalistes ou à trop court terme.


Fort de quelques succès, et d'une bankroll naissante, le joueur commence à avoir de grands projets. Dans un mois une bankroll de telle valeur, puis montée de limite. Le joueur réajuste un peu le ROI ou le gain horaire à la baisse, puis remontée de limite, ... et dans « x » mois, le joueur se voit bien passer pro... Quel joueur dans une bonne période de réussite n'a jamais eu ce délire au moins l'espace d'un instant ? Avoir de l'ambition est une bonne chose. Mais le scénario catastrophe est aussi bien connu : La première montée de limite se passe bien, puis quelques difficultés dues aux meilleurs joueurs ou a une mauvaise passe surviennent. Le joueur prend un peu de retard sur son tableau de marche, force un peu et fait quelques erreurs. L'écart sur le planning se creuse, et le joueur se frustre. Dans cette période de frustration, il réagit mal à un ou deux bad beats classiques, et c’est parti pour un tilt en bonne et due forme. La bankroll y passe en partie ou en totalité et tout est à refaire.


Les cycles, les rushs, les bads runs existent, même si on ne peut que les constater après coup. Au poker, on ne choisit pas quand rentre l'argent à court terme. Se fixer des objectifs quantitatifs au niveau des résultats est un exercice périlleux. Ils sont parfois irréalistes, ou sans aucun sens sur une période trop courte. Ils peuvent causer beaucoup de dégâts sur la confiance et la motivation en cas d’échec. Ils nous détournent parfois de l’objectif lorsque l’on joue :

Qui sont ces joueurs ? Quel est leur style ? Quelles sont leurs erreurs ? Quelle est la bonne stratégie pour les battre ? Sont-ils stables ou changent-ils de stratégie et de rythme ? Quelles sont leurs habitudes quand ils sont forts et quand ils sont faibles ? Bluffent-ils ? A quelle fréquence ? Dans quelles conditions ? etc…


Le poker un est jeu de patience et un jeu d'erreurs. Les meilleurs sont les plus patients, ceux qui savent attendre les bonnes opportunités (et même les provoquer), et ceux qui font le moins d'erreur. Il m'arrive de temps en temps d'ouvrir une table de cash game à une limite au dessus de la mienne pour regarder. En général, cela n'a rien d'impressionnant. Le poker y est très semblable. Mais les joueurs qui y jouent sont souvent ceux qui faisaient le moins d'erreur à la limite inférieure, qui y ont accumulé suffisamment d'argent pour se construire une bankroll pour jouer à la limite du dessus. Et si de nouveau ils font moins d'erreurs que les autres joueurs à cette limite, ils pourront accumuler les $ et de nouveau monter de limite. Jusqu'à se confronter à une difficulté importante. Il n'y aura que deux issues : résoudre ces difficultés ou redescendre à la limite inférieure. Éventuellement, on peut voir une troisième alternative : monter de limite pour se refaire et se ruiner. :o)

Le joueur travaille-t-il son jeu ?

Les livres, les forums, les vidéos, les articles sur poker se multiplient. L’intérêt pour ce jeu a touché énormément de monde. Les débutants apprennent à jouer. Les meilleurs deviennent des joueurs gagnant régulièrement, se constituent une bankroll et progressent dans les limites. Les joueurs confirmés en font de même et les meilleurs passent professionnels. Tous ces nouveaux pros viennent grossir les circuits pro forts d’une expérience énorme acquise sur internet. A tous les niveaux de la pyramide, le niveau moyen augmente. Par conséquent, travailler son jeu est vital pour progresser, mais avant tout pour continuer à battre sa limite. Un joueur qui ne travaille pas un est un joueur qui régresse par rapport aux autres joueurs qui travaillent. A moins d’être particulièrement doué et brillant, jouer ne suffit pas. Il faut revoir ses parties, comprendre ses erreurs et ses points forts. Il faut améliorer ses connaissances théoriques du jeu. Il faut étudier la façon de jouer des autres joueurs, et mettre en place une stratégie pour les battre. Le poker est un jeu d’adaptation. Il n’y a pas de recette miracle. Il n’y a que des façons de jouer qui donnent des résultats plus ou moins bons en fonction des joueurs contre lesquels on joue.

Le jeu multitable, attention

Un des gros avantages du jeu online par rapport au jeu live est le nombre de mains et de parties nettement plus important que l’on peut jouer dans un même laps de temps. Se mettre à jouer plusieurs tables doit néanmoins être une décision murement réfléchie. Lorsque l’on joue plusieurs tables, nos capacités d’attention sont réparties sur les différentes tables. Plus il y a de tables, moins on a de temps pour étudier chaque joueur et chaque coup joué. Cela parait évident, mais les conséquences ne sont pas négligeables. Toutes les informations que le joueur perd lui fond perdre également de son avantage sur les autres joueurs. Battre une limite en jouant une table ne signifiera pas battre cette limite en jouant 4 ou 6 tables. Il faut bien identifier d’où provient son avantage à la table. Si notre avantage provient de notre façon de jouer (sélection de mains preflop, agressivité en fin de Sngo, …) et ne dépend que peu de notre observation de la table, notre avantage va peu diminuer en jouant plusieurs tables. Si notre avantage provient pour beaucoup de notre connaissance des joueurs, de notre observation de leur façon de jouer et de nos lectures, nous allons perdre beaucoup de cet avantage en passant à plusieurs tables. Le jeu multitable est souvent un jeu automatique et mécanique. Pour y être gagnant, il faut être sûr que l’on a une méthode qui fonctionne bien en moyenne contre l’ensemble des joueurs de cette limite.

Par ailleurs, le jeu multitable permet peu de faire progresser son jeu. Il est moins ludique. C’est un peu comme aller à l’usine pour faire du travail a la chaîne. Jouer plusieurs tables à la fois doit être l’aboutissement d’un travail préparatoire sur la limite que nous essayons de battre. Il doit permettre de rentabiliser un avantage que nous avons prouvé sur la limite en question. Il faut entrecouper le jeu multitable de séances de travail pour faire progresser son jeu, et éviter de se mettre à multitabler à une limite que l’on ne connait pas. Si les profits sont multipliés par le nombre de tables, les pertes et les erreurs aussi.

La sélection des parties / le ciblage des joueurs :

Au poker, on ne gagne sur le long terme que lorsque l’on est meilleur que ses adversaires. On n’est jamais bon ou mauvais dans l’absolu. On est meilleur que ces joueurs, et moins bons que ces autres joueurs. Cette constatation doit conduire à une réflexion sur les tables auxquelles on s’assoit, qu’elles soient réelles ou virtuelles. Ce tournoi ou cette table de cash game est elle profitable pour moi ? Suis-je meilleur que la moyenne des joueurs ? Suis-je capable de dégager un profit de ces parties ? La réponse n’est pas toujours évidente à priori. Mais en se posant régulièrement la question pendant et après une partie, nous saurons nous faire une idée de plus en plus précise de la réponse.

Une fois que l’on est à table, le même processus peut être mis en place. Quels sont les joueurs qui sont faibles, quels sont ceux qui sont forts ? Cibler les joueurs à jouer et à isoler et ceux à éviter doit immanquablement nous aider à monter des jetons en tournoi, et à gagner de l’argent en cash game. Cette observation des joueurs, même si elle ne permet pas immédiatement de dire s’ils sont forts ou faibles vous apportera peut être des informations concrètes exploitables. Ce joueur ne défend pas ses blindes, je vais l’attaquer plus souvent avec rien. Ce joueur joue beaucoup de coups avec des mains médiocres et n’essaye pas de voler les pots : je vais essayer de l’isoler régulièrement. Ce joueur relance très fréquemment en fin de position et passe sur des sur relance : c’est une cible intéressante à sur relancer avec des mains faibles. Etc…

Si vous aviez l’habitude de gagner à des limites plus basses sans vous poser ce genre de questions, ce sont des considérations à prendre en compte quand les parties deviennent plus difficiles.

Quand les difficultés surviennent, que la confiance s'en va et que le doute s'installe, il est sans doute temps de faire une pause et de prendre du recul. Pourquoi je gagnais avant et pourquoi je ne gagne plus ? Qu'ai je changé dans mon jeu ? Qu'est ce qui a changé dans le jeu de mes adversaires ? Qui sont d'ailleurs mes adversaires ? Comment faire pour les battre? Qu'est ce qui manque à mon jeu pour gagner? C'est sans doute à ce prix que le joueur dans le doute retrouvera le chemin de la victoire.

dimanche 6 septembre 2009

Flopper deux paires


Il nous est tous arrivé de flopper deux paires au flop, de nous sentir soudain très fort et invisible, puis d'essayer de piéger notre ou nos adversaires en slowplayant. Le turn a apporté une carte anodine ou à peine douteuse et l'action s'est emballée. Malgré notre mauvais présentiment, nous n'avons pas su sortir du coup. Le show down nous a permis d'admirer la magnifique quinte ventrale touchée par un de nos adversaires. Une fois la litanie d'insultes contre votre mauvaise fortune vous êtes vous demandé si vous aviez vraiment bien joué le coup? Deux paires au flop est elle une main si solide que cela ? Comment arrêter de gagner peu et de perdre beaucoup avec cette main ? Ce sont les questions auxquelles j'ai essayé de répondre dans ce dossier.



Pendant toute une période d'apprentissage au poker, on se sent quasi invincible lorsque l'on floppe top paire top kicker. On est toujours prets à engager tous nos jetons, quelque soit la profondeur avec cette main. Et petit à petit, cette tendance passe. Nous jetons facilement cette main dans certaines situations. Ou nous essayons de contrôler un peu la taille du pot plutot que de tout envoyer contre trois adversaires. Le problème est parfois plus difficile à corriger lorsque l'on joue deux paires au flop. D'une part, on la joue moins souvent et l'expérience arrive moins vite. D'autre part, c'est une main plus forte avec laquelle on sent souvent très fort, parfois invisible, et quasi invincible. Pourtant, deux paires est la main faite qui se trouve juste au dessus de top paire top kicker. De plus, cette main offre quelque particularités qui la rende difficile à jouer.

Deux paires au flop est une main faite qui a peu d'outs pour améliorer.

Lorsque nous floppons deux paires, nous ne finirons que rarement avec une meilleure main. En effets nos 4 outs nous donnent grossièrement 18% de chances de finir en full. Et le plus souvent, l'apparition de cette doublante aura pour effet d'effrayer la plupart des mains que nous aimerions voir nous payer. De ce fait, l'apparition de nouvelles cartes ne nous aide pas, et aide le plus souvent nos adversaires.

Deux paires au flop est une main qui ne reçoit pas beaucoup d'action.

Quand nous touchons deux paires, il y a moins de chance que le ou les adversaires aient touché une paire vu que nous avons deux des neufs cartes qui permettent de faire une paire avec le flop. Tout particulièrement quand nous touchons deux paires avec les deux plus grosses cartes du flop (top two pairs) ou la plus grosse et la plus basse carte (top and bottom pairs), il n'y a plus que deux cartes que nos adversaires peuvent avoir pour avoir floppé top paire. Ceci explique le manque d'action chronique que nous rencontrons lorsque nous floppons deux paires. Dans une main ou nous sommes plusieurs au flop, nous ne serons pas toujours payé par un adversaire qui n'a que la paire du milieu ou la paire la plus basse. C'est frustrant, et l'on se demande à quoi bon flopper une aussi bonne main si c'est pour ne rien gagner avec.

Deux paires est une main vulnérable à plusieurs.

De la frustration de ne pas avoir d'action découle naturellement les envies de slowplayer cette main. Cependant, contre plusieurs adversaires et selon la nature du flop, nous seront souvent confrontés à des tirages à plusieurs outs: les combinaisons multiples d'une paire avec tirage quinte ventrale ou par les deux bouts, tirage couleur, ainsi que des overcards. Un seul adversaire aura rarement tous ces tirages. Mais plus les adversaires sont nombreux, plus le nombre de cartes susceptibles de nous battre peut être important. De ce fait, il est très important de réduire le nombre d'adversaires le plus tôt possible. Notre main est d'autant plus vulnérable que la hauteur de la plus forte carte est faible, et que nos deux paires ne comporte pas la top paire. Dans ce cas, la top paire ou une overpaire éventuelle bénificiera d'outs supplémentaires si la top paire touche son kicker ou si une doublante apparait au tableau.

Deux paires offre de bonnes cotes implicites aux adversaires.

Le problème, c'est que si un adversaire améliore suffisamment sa main pour nous battre nous lui donnerons probablement beaucoup de nos jetons. S'il n'améliore pas, nous ne lui prendrons rien de plus ou dans le meilleur des cas assez peu de jetons. Dans des situations ou les tapis sont profonds, il est très important de protéger sa main et son tapis. En évitant de perdre votre tapis, vous restez en vie dans un tournoi multitable (MTT), ou dans un tournoi à une table (STT), ou encore vous économisez une cave ou plus en cash game. Les jetons qui ne sont pas perdus sont gagnés.

Les bonnes situations pour deux paires au flop

Les mains contre lesquelles nous souhaitons jouer lorsque nous floppons deux paires sont essentiellement top paire bon kicker et une overpaire. Dans les deux cas, nous souhaitons jouer en tête à tête. Dans ce genre de situations, nous aurons environ 75% de chance de finir vainqueur, et nous avons un client pour nous payer malgré sa main moins bonne.

Si le pot a été relancé, nous aimerions que le flop comporte quelques tirages. Pourquoi ? En général, si nous ne sommes que deux à voir le flop, notre adversaire aura rarement ces tirages et quand bien même, nous partons quand même avec de l'avance. De plus, notre adversaire ne pourra pas écarter le fait que nous sommes éventuellement à tirage et aura beaucoup plus de mal à lacher sa main tant que ces tirages ne rentrent pas. De notre coté, la statégie sera de mettre le maximum de jetons dans le pot avant que les tirages ne rentrent, car cela signifiera souvent la perte de notre client, ou pire encore, que nous sommes désormais battus.

Au contraire, sur un flop 6s 8d Qh, une main comme AQ ou KQ va peut être se poser des questions si elle reçoit beaucoup d'action. Nous aurons plus de mal à extraire de l'argent que sur un flop 6s 8s Qh.

Les mauvaises rencontres:

Il vous arrivera de flopper deux paires et de jouer contre deux paires meilleures ou contre un brelan. Mais ces situations sont tellement rares, qu'il vaut sans doute mieux les écarter tant qu'il n'y a pas plus de mauvais signe apparaissant, comme une doublante ou des tirages qui se précisent.


Illustration:

Pour illustrer ces différents principes, j'ai choisi un cas classique. Nous sommes de grosse blindes avec une main que nous n'aurions pas joué la plupart du temps. Mais plusieurs joueurs ont juste payé la blinde, personne n'a relancé et nous voyons un flop gratuitement. Nous floppons deux paires en touchant les deux cartes les plus basses du flop. Nous retrouvons avec une belle main faite, hors de position, contre plusieurs joueurs. Le flop offre très peu de tirage. Que faire ??


J'ai affecté aux différents limpers des mains potentielles assez classiques.

Hero (BB): 8s4s
SB : 7h5h
BTN : KsJs
CO: Ac8c
MP: JdTd

Scénario 1:
Vous attaquez le flop en espérant être payé par une dame, mais tout le monde passe. Ne pestez pas: vous venez de remporter 5 blindes sur lesquelles vous n'aviez que 37% d'équité. C'est à dire que si tout le monde checkait jusqu'au showdown, vous ne remporteriez le coup que 37% du temps. Voici les résultats que donne Pokerstove:

Hero (BB): 8s4s (deux paires basses) 37.25%
SB : 7h5h (tirage ventral plus tirage couleur backdoor) 17.68%
BTN : KsJs (tirage couleur backdoor + deux overcards par rapport à nos deux paires) 5.128%
CO: Ac8c (Une paire + une overcard + tirage couleur backdoor) 18.62%
MP: JdTd (tirage ventral + tirage couleur backdoor + deux overcards par rapport à nos deux paires) 21.32%

Gagner le coup tout de suite est loin d'être un mauvais résultat. Nous venons de "voler" 62.75% d'équité à nos adversaires.

Bien sur, cet exemple est fabriqué, et nous n'aurons pas toujours autant d'équité à voler. Mais contre 4 mains aléatoires, nous n'aurons en moyenne que 60% d'équité en floppant deux paires ce qui signifie que si tout le monde va au show down, nous ne gagnerons le coup que 6 fois sur 10.

L'autre risque en slow playant notre main et en gardant tous nos adversaires dans le coup, est que les nouvelles cartes apparaissant au tableau dégradent la valeur de notre main et nous amènent à jouer une main compliquée hors de position.

Et puis après tout, voler 60% d'équité de 5 blindes, ça ne fait que 3 blindes. C'est peu, et il peut être tentant de les risquer pour gagner plus. Mais gagner combien en plus ? Et perdre combien si l'adversaire améliore au dessus de nous ? Dans notre exemple, si personne n'a la dame, nous aimerions qu'un As ou un roi tombe pour donner top paire à l'un des adversaires, ce qui ne fait que 6 cartes. De plus, l'as est une fausse bonne carte. Il donnera deux paires à notre adversaire. Nous ne serons pas surpris qu'il mise ou relance, vu que nous penserons "Il a touché son As". Nous perdrons en fait beaucoup à l'arrivée.

Pire encore, je ne connais pas de pire sentiment que de laisser une carte gratuite à un tirage ventral pour lui donner tous mes jetons une fois que ce tirage rentre.

Scénario 2:
Vous checkez pour ne pas effrayer vos clients avec le secret espoir de pouvoir effectuer un checkraise, mais tout le monde check derrière vous.

Le turn: 6d

Le tableau se connecte un peu plus sur les cartes basses et un tirage couleur apparait. La SB checke et nous décidons qu'il est temps d'attaquer (protéger/rentabiliser) notre main. Nous misons 4BB, le joueur en milieu de position paye avec son tirage ventral et son tirage couleur pendant que le CO et le BTN se couchent. La SB relance à tapis pour 25BB. Que faire ?
Nous sommes battus par Q6, 57, 66, 44, 88, mais il y a aussi beaucoup de tirages possibles. Que peut bien avoir ce joueur en milieu de position ? Allons nous sortir de ce coup où nous devons payer 21BB pour en gagner 38 ?? Faut il juste payer ou pousser à notre tour pour essayer de créer un side pot contre ce joueur en MP qui nous couvre ?

Le joueur en milieu de position peut avoir une dame avec un kicker moyen, Q9, QT, QJ ou un bon 8 et être tenté d'aller au show down pour le moins cher possible. Il peut aussi avoir de multiples tirages avec lesquels il a décidé de ne pas enflammer le coup. Certains joueurs frileux auront aussi pp9, ppT ou ppJ.

Le joueur en SB peut avoir un gros tirage avec lequel il essaye de gagner le coup tout de suite. Il est hors de position, et peut s'être donné une chance d'attendre son tirage sans l'attaquer, puis changer d'avis au turn. Son tapis est parfait pour ce genre de move. Il y a 13 blindes à gagner pour son tapis de 24BB et donc le rapport risque/récompense est intéressant. De plus, rien dans l'action jusqu'ici ne laisse supposer que quelqu'un a une main très forte et qu'il sera automatiquement payé. Mais la SB peut aussi avoir des mains faites très fortes, comme deux paires, brelan ou quinte. Sa position en premier de parole et le nombre d'adversaires peuvent l'avoir incité à tenter le check raise au flop puis au turn. S'il a une main très forte, partir a tapis au turn a beaucoup de sens: il y a toujours 13BB à prendre pour son tapis de 24BB, il y a un tirage couleur qui vient d'apparaitre et deux clients potentiels, et il ne reste qu'une carte à venir. Il est temps de faire payer le prix fort aux joueurs à tirage. De plus, s'il a quinte ou brelan, il peut tout a fait espérer qu'un des deux joueurs en lice ait brelan ou deux paires.

D'ailleurs, avant de miser, aviez vous envisagé cette possibilité? Aviez vous déjà pris votre décision? Cet un exercice auquel il faut s'habituer:
Si je mise, quel sera la taille du pot? Quelles seront les tailles des tapis des adversaires comparés à la taille du pot? Quelles mains et quels joueurs sont susceptibles de faire un move dans cette situation? Quels joueurs vais je payer si ils poussent leur tapis? Contre quels joueurs vais je au contraire coucher ma main? Quand la taille du pot se rapproche de la taille des tapis restants, il faut commencer à envisager ses critères d'engagements: quels joueurs suis je prêt à jouer à tapis, et dans quelles conditions ? (Par exemple, si la couleur ne rentre pas à la rivière, je payerai le tapis de ce joueur, mais je coucherai ma main si la couleur rentre)
Dans ce cas précis, vos chances sont minces 7.90% contre 63.16% pour la SB et 28.94% pour le joueur en MP.






Scénario 3:


Le turn : Tc

Cette fois ci le tableau se connecte par le haut, et un tirage couleur apparait. La SB checke et vous misez 3.5BB qui sont payées par le joueur en MP, le CO et le bouton. Le pot fait désormais 19BB

Hero (BB): 8s4s 39.48%
SB : 7h5h, tirage ventral: 7.90%
BTN : KsJs (tirage quinte par les deux bouts) 15.79%
CO: Ac8c (Une paire + tirage couleur max + une overcard) 23.68%
MP: JdTd (tirage ventral + une paire + une overcard par rapport à nos deux paires) 13.16%

Nous sommes favoris contre chaque joueur individuellement, mais toujours pas contre l'ensemble des adversaires.

La rivière vient sous la forme d'un 6d. Tout le monde checke jusqu'au bouton qui mise 14BB. Nous avons toujours la meilleure main, mais nous ne le savons pas. Nous sommes battus par QT, par J9, par 66, 44, 88 Q6, Q8, T6, T8, 75, 97 qui sont des mains plus ou moins crédibles selon le niveau et le style de vos adversaires. De plus, il reste deux joueurs à parler derrière nous. Nous voilà devant une situation bien difficile. Si un As, un 9, un J, un K, une Q ou la couleur étaient rentrés à la rivière, lâcher nos deux paires aurait été plus facile. Est il possible que QT ou J9, n'aient pas envoyé tapis au turn sur un board aussi dangereux?? Voilà en tout cas une décision bien difficile. Telle que la main a été jouée, il me parait difficile de lâcher notre main. Il y a peu de chance qu'une dame ait checké le flop puis amélioré en deux paires. Une paire de 6 paye t elle au turn ?? Pas sur. Nous redoutons un J9 qui slow play, ou encore 97 qui avait un double tirage au turn.




Dans cet exemple, il nous est compliqué de valoriser notre main à la rivière. Beaucoup de grosses cartes, une quinte est rentrée. Nous préférons checker puis payer une mise plutot que de miser et de devoir coucher sur une relance à tapis. En payant à la rivière, nous sommes content qu'un joueur ait essayé de bluffer le coup, car il nous était difficile de miser par nous même hors de position contre 3 joueurs. En gardant beaucoup d'adversaires, nous prenons des risques de les voir améliorer, mais les nouvelles cartes rendent souvent notre main difficile à valoriser si nous sommes en plus hors de position.


En général, avec deux petites paires, et beaucoup d'adversaires, il faut essayer de gagner le coup au flop, ou au moins de réduire le nombre d'adversaires pour faciliter ses décisions par la suite. Le but est d'engager ses jetons dans le coup lorsque l'on est devant, et que notre équité est la meilleure. En général, dans un pot multijoueur, cette situation se produit au flop. De plus, les améliorations avec deux paires sont rares. Il n'y a que 4 cartes qui vous font évoluer vers un full. La doublante pourra le plus souvent effrayer votre ou vos adversaires. Les cartes à apparaitre pourront également geler l'action en inquiétant vous et vos adversaires (une doublante qui ne vous donne pas full, une quinte, une couleur...). Dans un pot non relancé, particulièrement s'il y a peu de chance que le flop ait touché vos adversaires, ou si vos adversaires sont particulièrement passifs, faites le ménage sans attendre que quelqu'un mise pour effectuer un check raise. Vous êtes sans doute bien favori contre chacun des joueurs, mais rarement contre l'ensemble. Si vous optez pour checker le flop, et qu'un adversaire en fin de parole fait une petite mise, ne vous contentez pas de suivre cette mise pour attirer d'autres joueurs. Vous devez essayer d'isoler un joueur, et gagner le coup au flop n'est pas un mauvais résultat. Vous ne savez pas trop quelles cartes vous craignez pour la suite du coup, et moins il y a de joueur dans le coup, meilleure est votre équité.

mercredi 1 avril 2009

Bilan du premier trimestre en Sngo

Bon je n'ai pas posté grand chose au niveau suivi des résultats. Alors voici mon bilan en Sngo depuis le 06/12/2008, date à laquelle j'ai repris le suivi sur une feuille Excel.


De Dr Laboulle & Mr Laboullette



Les 4$ sont des Sngo180 joueurs, les 8$ sont les deep stack 90 joueurs donc je considère ça comme des MTT. Je n'ai quasiment pas fait de cash game. Quelques sessions sporadique plus ou moins à chier sur Partouche ou je suis à -25€ en jouant en NL20. Pas de cash game sur PS depuis début Janvier.

Quelques manches MH sans résultat notable.

Je me suis donc re concentré sur les Sngo et MTT petit buy in, ce que je fais quand je ne me sens pas au top pour jouer en CG. Dès que je suis pas déterminé à être patient et rigoureux en cash game, ce n'est pas bon. En Sngo, le jeu est sufisament simple aux petites limites pour que je sois performant.

De plus, en Sngo, on y trouve des fields beaucoup plus faibles qui génèrent beaucoup d'argent mort. En cash game, il y a rarement plus d'un ou deux fish à la table, il faut avoir les spots contre eux et qu'ils ne chattent pas sur un ou deux gros coup. En Sngo, ils ajoutent beaucoup d'argent mort au prizepool. Ils montent des stacks en jouant mal, éliminent des bons joueurs puis sont capable de tout reperdre à la bulle ou en fin de tournoi parcequ'ils ne maitrise pas certains points.

J'ai lu le bouquin de Colin Moshman "Sit and go strategy" durant le premier trimestre, ce qui m'a permis d'améliorer un peu mon jeu en fin de partie dans les Sngo une table, et dans la fin des MTT. J'ai également amélioré mon approche des MTT. Je monte régulièrement des gros stacks, et je suis désormais entièrement tourné vers les 3 premières places. Faire 18e sur 180 joueur m'importe peu. J'ai changé mon approche de la gestion du risque dans ces tournois. Je suis plus agressif. Autant je fais être prudent et pot control dans un Sngo une table sur les premiers niveaux, autant en MTT, mon seuil d'engagement va être plus faible, et mes lignes vont être destinées à engager tous mes jetons. Ma gestion des tournois a également changé. Dès que je suis sous 20 blindes, je suis en alerte, prêt à prendre des risques pour doubler. Toutes les occasions de voler 3 ou 4 blindes deviennent bonnes. Je suis de plus en plus agressif avec mes gros tirages.

C'est toute la différence entre faire un MTT occasionnellement et essayer de jouer le plus longtemps possible, et multitabler des MTT à 4 tables pour jouer la victoire. Peu importe de sauter 110e ou 25e, l'objectif est la TF, et le but est d'y arriver avec le plus de jetons possible. Je pense que cette approche est payante dans ces MTT ou il n'y a pas beaucoup de profondeur. Dans des tournois plus deep, le small ball est sans doute plus payant, et permet de décaller un peu le seuil d'engagement vers des mains plus fortes. Mais dans ces tournois là...

J'ai aussi pris l'habitude de me servir de Sharkscope. D'une part pour connaitre mes adversaires sur les Sngo une table et sur les demi finale et TF de MTT. Cela me permet d'identifier certaines actions et d'adapter ma stratégie. S'il y a beaucoup de fishs, je vais être plus patient, car il vont faire des erreurs, et perdre leurs jetons. Je vais essayer de les jouer à fond. S'il n'y a que des bons joueurs, je vais être plus agressif, car les jetons seront dur à prendre et je n'ai pas beaucoup d'erreur à attendre de leur part.

J'ai aussi découvert la fonction recherche de tables de Sharkscope qui sondent les Sngo en cours d'inscription. Cela permet de faire un peu de sélection de table pour les Sngo à 45 joueurs et moins. Je me suis aperçu que les Sngo 5$ sont en général plus facile que les 10$, ce qui m'a éclairé sur mes mauvais résultats à 10$. J'avais beau avoir l'impression d'avoir de la réussite à 5$, et pas beaucoup à 10$ dans mes rencontres et dans les AllIn preflop, l'écart de résultats me laissait vraiment perplexe: Incroyables à 5$ et mauvais à 10$... Il y a effectivement un autre facteur qui rentre en compte. Les tables sont nettement meilleures à 5$ qu'à 10$. Du coup, je vais désormais utiliser le tournament selector pour choisir mes Sngo. La sélection de table est un facteur décisif au poker...

mardi 31 mars 2009

Une journée de malade

A l'heure ou j'écris, je ne sais plus trop quel jour on est. Je suis rentré d'une session live à 5h00 du mat Lundi matin. Le temps de dormir un peu, de me réveiller à 14h30, et je m'aperçois que je viens de merder un rencard à 14h00.

Café, et lancement de Cash Game sur Partouche. Il me reste 50€ environ, j'ouvre deux tables NL20, une SH, une FR et me retrouve rapidement en full bankroll. Je monte jusqu'à 130€ environ au bout de deux heures, avant de sortir à 75€ vers 19h30... Encore une session un peu trop longue. Plutot good run dans la première moitié, et moins bon dans la deuxième. Mais aussi impatience, fatigue et frustration qui augmentent un peu la redescente.

Je ferme la room pour regarder HSP, puis cherche un tournoi à faire. J'ouvre Everest, et trouve un 10k pour jouer mon pass d'or. Je m'inscris, puis je change d'avis, et décide que finalement, je ferai le 30k un autre jour. J'ouvre PS et trouve un 8$ MTT. Je m'inscris, puis lance 3 Sngo 180 joueur 4$. J'en plante 2 assez rapidement, et en relance 2 pour garder 4 tables.

Je monte un gros stack sur le MTT, je vais naviguer dans le top 10% pendant 2h. La bulle éclate et je rentre ITM parmi les 325 payés. Ce n'est qu'une étape, car comme d'hab, seule la TF paye bien. J'ai environ 36BB et je suis dans les 60 premiers. A ma table, le plus gros stack a 50BB environ. Nous sommmes 6 joueurs à plus de 30BB. Je suis au CO avec QQ. Un joueur qui ouvre beaucoup de pots et qui est très agressif relance deux siéges avant moi. Il est payé par le joueur suivant, et je relance à un tiers de mon tapis. C'est la limite théorique pour pouvoir folder. Je le laisse deviner. Squeeze ? Pas Squeeze ?? Le relanceur initial hésite longtemps, puis pousse. Le calleur se couche et je paye son tapis. Il me montre AQs. Je ne tiens que 4 cartes. Ace on the river. En gagnant le pot je passais 4e avec un stack de 75BB... f**k off...

En parallèle il me reste un des Sngo180 joueurs qui marche bien aussi. J'atteind la TF qui se constitue à 9 joueurs, j'ai 14BB je suis 8e en stack, pas folichon, mais c'est pas foutu. Il ne me reste que ces deux tournois, et je suis bien sûr au taquet. Un joueur saute, puis en l'espace de 4 mains je vais splitter AK vs A8 (quinte), puis AKs vs AKo (sboub). Phoque, toujours 12BB. 2 mains plus tard, un vol de blinde avec AQ puis rien pendant un tour. Quand arrive le spot: QQ de BB. Raise du CL, reraise du SB qui se commite, feu chez moi, payé par CL, payé par SB... Je grimace dans un premiers temps, puis vois AT chez CL et JJ chez SB. Spot à 40K pour prendre la 2eme place... Je ne tiendrai que 4 cartes. Ace on the river qui apporte aussi la couleur aux valets... Un 2eme pot énorme qui s'envole en une demi heure. Je sors 8eme... Je n'y arriverai pas à le gagner ce tournoi...

J'ai une petite pensée pour Simon qui collectionne les pots énormes perdus en étant bien devant à des moments clés...

Bon, il est 2h30 du mat et je dois amener ma voiture au garage à 08h30... Je ne vois pas 36 solutions... Reload. Je relance une série de 4 Sngo180 joueurs. J'en plante deux que je remplace assez vite, puis je commence à avancer dans plusieurs d'entre eux. A 6 heures du matin, je joue 3 tables finales en simultané. 1 ou je suis bien CL avec 60k contre 30k au second, et les deux autres ou je suis entre 10 et 15 blindes.

Je suis bouillant. Le fait de jouer 3 tables m'aide à être patient sur la table ou je suis très gros. J'ai le temps d'attendre sans souffrir, et je n'ai pas de cartes qui justifie l'agression à outrance. J'ai besoin de mon attention pour gérer mes shorts stacks. C'est le statu quo sur les trois tables pendant 20 minutes jusqu'à une main clé sur le tournoi ou je suis CL. J'ai TT de BB, et la Sb m'attaque, je reraise, elle me boite pour la moitié de mon stack... Feu. Q9s enface (??, il m'avait l'air assez paisible jusque là), je tiens et monte à 100k. J'enchaine sur deux vols de blindes et assois encore un peu plus mon lead. Nous sommes 6 joueurs.

Sur la 3eme table, je pousse mes 9BB avec AQ, payé par KK. Pas de miracle. 8e. Sur l'autre table, nous sommes 8 aussi et je suis 4e.

SngoNo1: Je varie entre 80k et 105k au gré des agressions qui se passent plus ou moins bien jusqu'à une main ou j'ai KQs de SB. Le bouton (40k) relance à 8k, je sur-relance à 24k et il me boite. Tant pis, je paye ce qui reste, il me montre AJo. Je rentre un de mes 18 outs à la river pour le sortir et monter à 140k. Il reste 4 joueurs, (29k, 34k, 63k et 140k). 10 mains plus tard j'ai KK utg que je relance. La BB qui a 60k defend. A-Q-8 tricolore. check - check. Turn 7. Je paye sa mise de 10k. Riviere K. Il mise 16k, je le relance à tapis, et il paye avec A8... Mon ratio de bonnes rivières remonte :o).

Nous sommes 3 joueurs (31k, 32k, 200k). 10 mains plus tard, la situation est globalement inchangée. Je relance KTo 7.5k du bouton et la SB me minraise. Je suis surpris par cette mise chelou. Monstre ou bluff moisi ? Comme j'ai les moyens d'être curieux, je le boite et il me paye avec AA. Ok. Monstre. Cinq cartes plus tard (dont un K et un T), je suis en HU 232k contre 31k blindes 1500-3000-300.

Sur la première main, mon adversaire me laisse un walk avant que je le boite sur la main suivante avec K9s. Il me paye avec K7o... 4 cartes plus tard il est drawing dead... :o)))

6h30 du matin, et il est là le tournoi ou il ne peut rien t'arriver !!!


Bon, c'est pas le tout, mais il me reste une TF à finir sur la No2. La soirée reprend son cours normal quand deux shorts stack partent à tapis alors que j'ai KK de BB. 55 et 77 en face. 5 au flop et je ne prend qu'un exterieur qui me laisse à 20k au lieu de 55k et 2eme place... Mon écran se fige... Plus de connexion internet. Rhaaaaaaaaaaaaa.... Je patiente 90sec, rien. Je debranche le modem, le rebranche. Rien. fjnklmsjdgmlksjgklsjdfgkmsjgkl.

Je recommence et insiste pendant 15 min. Avant que ça revienne. Il me reste 6k... Boite, Boite, Boite payé. Ax vs AK ... Dehors, 6e...


Je me détends enfin. Je viens de mettre fin à une série de 25 Sngo non payés (dont 17Sngo 180), mais de belle manière. La soirée (nuit) se résume à un MTT ou je fais ITM, 10 Sngo 180 joueurs, 4 ITM dont 4 TF : 8-8-6-1. Et surtout, surtout, j'ai enfin gagné ce putain de tournoi. Je checke Sharkscope, qui m'annonce 50 tournois joués de ce type, 10 ITM, à chaque fois en TF, dont une victoire pour un ROI à 110%. (Bon je sais 50 tournois...)

Et puis je checke mes mails, et je tombe sur un mail d'everest qui me notifie que je me suis inscrit au 10k... Oui je sais, mais je me suis désinscrit... Euh, j'ai un doute. Y'a pas un mail aussi quand on se désinscrit ?? J'ouvre everest, cherche les 10k d'hier soir, trouve le tournoi, parcours la liste des inscrits... 112 joueurs, 10 payés. 27e Laboulle.... CCCOOOOOONNNNNNNNN de moi !!!!! Non seulement j'ai refait la blague de j'utilise pas le passe d'or mais en plus je ne joue pas le tournoi...

C'est pas comme ça que je vais avancer si je jette 100$ à chaque fois que je gagne un peu à coté...

Du coup, je pars mettre ma voiture chez le garagiste. PV sur le pare brise... Et merde...
Bon, je m'en fous, ce soir, je déchire le King5 avec les potes !!