jeudi 10 mars 2011

On vient, on gagne, et on s'en va...

J'ai un peu l'impression que cela fait des mois que je n'ai pas bloggué. Même si c'est exagéré, on n'en est pas loin non plus.

Entre ma pause fin Janvier, et ma pause début Mars, je me suis un peu noyé dans le poker. Après un mois de Janvier que je trouvais trop light en volume, j'ai mis les bouchées doubles en Février. Le problème, c'est que je n'ai pas fait grand chose d'autre. Du coup, le déséquilibre est vite arrivé lorsque je me suis attaqué à un bonus de 500€ à clearer en une semaine. Cette épreuve me demandait d'obtenir environ 6 fois plus de points de fidélité que mon rythme moyen. Tout y est passé: Passage de 6 à 8 tables, suppression des jours de repos, suppression des sessions de tournois pour les remplacer par du cash game, fin de la NL50 pour ne jouer que de la NL100 et ouverture des tables pour doubler les points fidélité... Peine perdue. Au bout de 4 jours de Stakhanovisme, je jetais l'éponge, épuisé psychologiquement. Je me contentais de 360€ sur les 500. Ca aura été le mois des bonus (près de 700€) et du good run (à deux jours près). Je finis le mois à +2800 (bonus compris) alors que je pointais 700€ plus haut deux jours plus tôt. Anyway, je suis entre 3500 et 4000 de gains en cash game depuis le début de l'année. Je suis sur la bonne voie. Coté tournoi, j'ai repris un peu de rythme, fait quelques deep run, tout en restant globalement négatif. Par contre, j'ai revu pas mal de mes deep run et trouvé pas mal d'erreurs. J'ai aussi trouvé pas mal de zones de stack dans lesquelles je galère bien. Du coup, je sais quoi bosser.

A propos de bosser, le groupe de travail tourne bien. Il y a une émulation qui est vraiment bonne entre nous, que ce soit en cash game ou en tournoi. Sessions parallèles sur skype, session croisées joueur / spectateur, discussions de mains, vidéos, revue de base de données, travail de range... Beaucoup de choses ont été évoquées. Et c'est vraiment excellent.

Dans le rush de Février, j'ai malheureusement sacrifié assez souvent le sport. Ce qui a eu les mêmes conséquences que d'habitude. Augmentation de ma consommation de tabac, malbouffe, mauvais sommeil, et une forme vraiment mauvaise au moment de finir le mois.

A l'heure ou je vous parle, je suis dans l'avion pour Malte. J'accompagne Sly qui a gagné un package pour jouer l'unibet Open. Je n'ai pas prévu de jouer. 1500€ pour une structure moyenne, c'est beaucoup, beaucoup trop cher. Les side event sont des boucheries. Du coup, je vais visiter l'ïle, prendre des photos et suivre Sylvain. Je lui souhaite que l'étoile qui veille sur notre équipe depuis trois ans soit en forme ce week end encore. Le week end dernier, j'étais à Lyon avec Raph (K_raf) et Simon (TeamVTC) pour jouer le Partouche Deepstack au Lyon Vert. Une structure magnifique (50k jetons, niveaux d'une heure, debut 25/50) , un field de 500 joueurs, et un tournois sur 3 jours et 35h de jeu. Je me suis arrêté en plein milieu, au bout de 18h de jeu, juste après le dinner break du Day2. Je me suis régalé, même si je n'ai pas été assez bon pour surmonter pas mal d'évènements contraires.

Une table de départ pas si facile: Alain Roy, Florian Desgouttes, Mafiadu42 sont à ma table. Par ailleurs, on trouve aussi un joueur décent, un joueur assez actif à ma droite, mais que j'ai trouvé un peu trop loose, un papy cash game old scool, et un énorme fish. Bon le premier problème, c'est que quand le fish touche 5 fulls, en deux heures, forcément, c'est pas facile de lui prendre des jetons. J'ai fait deux couleurs dans ces deux premières heures toutes les deux battues. Les deux premières heures passées, j'ai touché quelques jeux pour remonter au dessus du stack de départ et finir le day 1 à 66k. Raph finit à 35k après avoir passé la journée sur une table horrible ou il fallait des cartes pour gagner un coup, et ça ne lui a pas souri. Simon finit le Day1 en bombe et passe de 10k à 86k dans la dernière heure, après 11 heures cauchemardesques.

Mon jour 2 ne se passe pas beaucoup mieux. QQ contre AA d'entrée. Heureusement, AA est chez UTG+1 qui sur relance UTG. Du coup, je ne sais pas quoi faire. Je n'arrive pas à jeter ma 2e pocket supérieure à 99 du tournoi, et je n'arrive pas à pousser. Je call donc pour voir un flop As haut et abandonner, tout comme UTG. Le sur relanceur initial montre AA.

Je vais ensuite yoyoter pendant deux niveaux avant d'apercevoir un rush sous la forme d'un bluff, suivi d'une paire d'as avec laquelle je suis sur relancé dans parvenir a embarquer mon adversaire à tapis, et un AQ à tapis preflop contre A6 dans un pot 4bet à tapis. Malheureusement, je vais perdre ce dernier coup, rater le gros bol d'air et m'engluer dans un shortstacking vain. Ma lente agonie se termine un peu après manger.

Seul Raph passe le jour 2, Simon sautant juste avant de manger. Après un Dimanche en famille, je finirait tout de même par me rendre au casino, pour retrouver Simon et suivre Raph qui entre en TF. La soirée et le tournoi se finissent admirablement puisque Raph deale à 4 et remporte le plus gros prix. Une nouvelle ligne à son palmarès, et à mon avis, ce n'est pas fini. Une nouvelle ligne au palmarès de Marsteam / la Famiglia.

En rentrant de Malte, je vais me poser un peu sur Marseille jusqu'à fin Main. Je monterai faire le Deepstack Partouche à Forges les eaux, puis le DSO à Cannes avant de repartir à Vegas avec toujours plus ou moins les mêmes. D'ici là, j'aimerai bien progresser un chouille en cash game, et maintenir le cap actuel (avec des shoot en NL200?) et passer un cap en MTT.

Coté ciné, je suis sur un très très gros run: Brothers, puis Avatar, puis Black Swann. En attendant True Grit et King's Speech qui sont immanquables.

mercredi 2 mars 2011

Bientôt de retour en live ....

... à Lyon pour le Partouche Deepstack. Je monte avec Raph et Simon pour essayer d'ajouter une ligne au palmarès de marsteam.

Lunettes, casque, MP3 affutés. Motivation à bloc. Le chercheur d'or est paré...



Et sinon des news un peu plus récentes que le 17 Janvier ?? Voui, ça va venir. Je prend 15 jour de pause pour aller à Lyon puis à Malte. Je pense bien prendre le temps pour vous raconter un peu ce qu'il s'est passé les 6 dernières semaines.

lundi 17 janvier 2011

Toujours chaud bouillant

Les neufs derniers jours, j'ai envoyé du lourd.

Comme beaucoup de mes potes étaient motivés en ce début d'année, j'ai créé un groupe de travail. On va bien voir ce que ça va donner, mais en tout cas, c'est un bon pas en avant. J'espère que l'on va recréer une émulation et mettre un peu tout ce qu'on a en commun pour tous franchir un nouveau palier.

J'ai aussi recontacté ChipLeadPoker, et un projet est dans les tuyaux. 

J'ai aussi fait un gros pas en avant au niveau organisation chez moi. J'ai fait mon planning de semaine type. Pour l'instant, cette semaine, je ne l'ai pas tenu. Mais j'ai fait du sport 5 jours sur 7, j'ai très bien mangé toute la semaine,  et j'ai réussi à amortir deux soirées très difficiles Samedi 8, et Vendredi dernier. Je pense que sans ces deux soirées, j'aurai démarré plus tôt le matin, et été encore plus efficace. C'est à moi d'anticiper. C'est la dessus que je peux progresser. Mon appart a été très bien tenu toute la semaine, et c'est très agréable. J'ai même fait mes vîtres dans le salon...

Déjà mon planning m'aide beaucoup à m'organiser. J'arrive à anticiper beaucoup de choses. Si je joue en tournoi à 20h, je dois préparer à manger à 19h00, et avoir de quoi manger. C'est un exemple tout simple, mais mon planning rythme ma journée. Je ne suis plus en improvisation permanente. 

Au niveau volume, j'ai été léger. J'ai fait une session de tournoi sur les 4 prévues. Aucun résultat, dans beaucoup de satellites pour des 100€+, mais la session à été très dure au niveau du jeu. J'ai eu peu de gros jeux, et beaucoup n'ont pas tenu. Mon jeu en tournoi n'est pas callé. Je vais essayer de travailler ça dans les semaines qui viennent, petit à petit. A court terme, je vais essayer de jouer des sat' pour des tournois plus gros, et de trouver un bon jeu efficace. A moyen terme, je voudrai me concentrer sur ces tournois à 100€, dans lesquels il y a moyen de faire des perfs à 5 chiffres. 

En cash game, j'ai joué 5 jours, pour 5000 mains. Ce n'est pas assez non plus. Mais bon, ça avance. Mon bilan depuis le début de l'année est à +1280€, ce qui est très bon pour mes 12600 mains de NL50/NL100. Ma bankroll Everest pointe à 5400€. J'imagine shooter quelques bonnes tables de NL200 en Février ou en Mars. Mais je ne vais pas aller trop vite. J'aimerai être encore plus à l'aise en NL100, dominer vraiment la limite, comme c'est maintenant le cas en NL50. J'ai encore des périodes de flottement, pendant lesquelles je peux faire pas mal d'erreurs.

Les deux dernières semaines du mois vont être chargées en à coté. Je monte à Lyon, puis à Paris voir Mickey, et la semaine suivante, retour à Marseille avec des amis chez moi. Je vais essayer de caser quelques séances par ci par là, et surtout, garder un bon rythme de vie, consolider.

Le moral est très bien. Mon projet à beaucoup avancé depuis deux semaines. Mes idées de mettent en place, et je commence à transformer mes idées en actions. Il faut continuer, et monter en puissance...



samedi 8 janvier 2011

Au revoir 2010, vive 2011 !

2011 année charnière.

L'année 2011 devrait pour moi être une année décisive, ou au moins une année quasi décisive. A la fin de l'année, et sans doute  un peu avant me connaissant, il me faudra prendre une décision. Stop ou encore ? Continuer vers le poker, ou bifurquer vers autre chose. Voilà pour la finalité, la destination de cette année. Fini les années de transition. 

Alors comment faire?

Les objectifs sont les suivants pour continuer:

- Faire entre 30 et 40k€ de benef sur l'année 2011.
- Etre un joueur gagnant régulier en NL200/NL400.
- Etre un solide joueur de tournoi.

Pourquoi revenir aux tournois? N'est ce pas trop tôt ? N'est ce pas une perte de temps? Est ce que ça vaut le coup de passer 4 heures à avancer dans des tournois pour le plus souvent sauter dans un mauvais ITM à quelques places d'une table finale et des gros gains ? Ne serait il pas plus rentable de se concentrer sur le cash game? Je ne sais pas. Pour un joueur de cash game high stakes, sans doute. Mais pour l'instant, je n'ai pas cette ambition. L'idée à moyen terme est de progresser en tournois pour pouvoir jouer régulièrement des tournois à 100€, et pourquoi pas en chatter un. Ou d'attraper une qualif pour un gros event de temps de temps, et pourquoi pas chatter un gros ITM en plus du fun, de l'excitation, et du voyage qui va avec. Et même s'il faut chatter en tournoi, augmenter mes compétences et mon volume en tournoi augmentera mes chances d'avoir une bonne surprise de temps en temps. 100% des gagnants ont tenté leur chance.

En ce qui concerne le volume:

Cette année, je vais essayer de m'organiser des périodes de 3 semaines de jeu pour une semaine de break. La semaine de break doit servir à m'aérer la tête, profiter de mes proches, revenir sur la période passée, etc... Dans l'idéal, je souhaite planifier ces semaines, et ne plus les subir. Ne pas me retrouver le Lundi incapable de jouer, et  n'avoir rien de prévu pour la semaine à venir.

Pendant les 3 semaines de jeu, je voudrais jouer 5 ou 6 jours dans la semaine, le week end étant une période travaillée par excellence. Les jours de break ou 1/2 journée de break sont plutôt placés en début de semaine. Le but est bien sûr de jouer en même temps que la plupart des joueurs récréatifs.

Dans l'idéal, j'aimerai jouer une trentaine de tournoi par semaine, et faire entre 20 et 30k mains de cash game par mois. Ca représente quand même un gros volume.  Celà représente 5 soirs à 6 tournois par semaine, plus 5 jours à entre 1500 et 2000 mains par semaine. Ce qui veut dire deux sessions par jour de cash game de pas loin de deux heures, en multitablant 6 tables. C'est un volume très facile à réaliser en pic, mais plus compliqué à tenir sur la distance, en moyenne. Quand on regarde mon dernier mois de Décembre, un mois où j'avais prévu de jouer 3 semaines ou pas loin, on se rend vite compte que ça peut vite être compliqué.

Jouer ou ne pas jouer ?

Il y a forcément des périodes ou il est préférable de ne pas jouer. Épuisement, lassitude, tilt, ... Faire du volume pour respecter des objectifs et jeter les bénéfices des bonnes périodes n'est pas une solution. Mais désormais, il faut plutôt prendre le problème dans l'autre sens, et essayer d'anticiper. Comment faire pour être en état de jouer de façon intensive 3 semaines par mois? Comment faire pour gérer les sollicitations des amis ou des proches en semaine ou le week-end? Cela demande un peu d'organisation, de la planification, de l'anticipation et de la communication. C'est un métier. Il est difficile d'envisager expliquer à son patron que l'on ne vient pas travailler parce qu'on est pas en état 4 fois dans le mois.C'est ce que je vais devoir apprendre à faire en tenant les deux casquettes.

La solution passe par une hygiène de vie très sérieuse. Encore et toujours. Etre en forme pour aller travailler quand on est salarié, c'est un plaisir, presque un luxe. Pour un joueur de poker, c'est juste vital. Je suis pleinement  conscient de ça, et je suis suffisamment cultivé pour m'organiser une hygiène de vie adéquate. Sommeil, sport, méditation ou alimentation  sont des domaines que j'ai étudié, et dans lequel je me connais bien depuis le temps. Si je le veux, ce n'est pas un obstacle. J'ai tous les éléments en mains. 

Est ce que j'ai les capacités techniques ?

Oui, je sais bien jouer. Suffisamment pour mes limites actuelles. Et de plus, je sais comment faire évoluer mon jeu pour progresser et m'améliorer. Mes lectures et les vidéos regardées ont servi à ça. Si je me pose les bonnes questions, je sais y trouver des réponses. La clef est là à mon avis. Se poser les bonnes questions. Quelles sont les situations où je gagne de l'argent, quelles sont celles où j'en perd. Comment puis-je gagner plus d'argent dans certaines situations, comment puis-je en perdre moins dans d'autre. Je connais beaucoup de move, beaucoup de principes théoriques. A moi d'affiner mes connaissance pour évoluer vers le bon move au bon moment, le plus souvent possible. J'y reviendrai dans un prochain billet.

Est ce que j'ai envie de réussir?

La question peut paraître incongrue, mais pourtant, c'est peut être LA clef du puzzle, ou du moins de mon puzzle. J'ai souvent eu le sentiment par le passé que je comprenais très bien les tenants et les aboutissants d'une situation, mais que je ne faisais pas ce qu'il fallait pour réussir. Dans mes pires périodes, mon comportement a parfois viré à l'auto-sabotage. Il y a sans doute des points psy qui entravent ma progression. J'en connais quelques uns, je travaille dessus.

Mais beaucoup plus simplement, pourquoi gagner de l'argent si l'on n'en profite pas ou si on estime qu'on ne le mérite pas, ou encore, qu'on estime que c'est de l'argent sale? Pourquoi s'offrir le luxe de travailler chez soi si notre chez nous est pourri dégueulasse ou pas à notre goût et que l'on ne fait pas ce qu'il faut pour le mettre au niveau de ses envies? Pourquoi s'offrir le luxe d'être le maître total de son emploi du temps si on l'organise mal, si on le subit, ou si on n'organise aucun élément un peu fun ou festif pendant les plages de loisir? Autrement dit, si je subis la vie dans mon nouveau métier de la même façon que lorsque j'étais salarié, à quoi bon ??

En 2010, j'ai résolu mes problèmes éthiques vis à vis de l'argent du poker. Je ne force personne à venir jouer avec moi, et certains joueurs sont sans doute très content de jouer avec moi. Je pense que j'utilise cet argent de façon sensée et utile. 

J'ai aussi avancé sur la question qui concerne la vie d'un joueur de poker professionnel. Certes, il y a des périodes difficiles à gérer. Mais honnêtement, pourvoir travailler chez soi, où de n'importe quel lieu dans le monde à partir du moment où on a internet, et pouvoir partir n'importe où n'importe quand voir qui on veut, ça a quand même du bon, non? Oui, cette souplesse de vie est un luxe dont je veux profiter. Il me reste à progresser sur ce que je veux mettre dedans.

Les points sur lesquels je ne suis pas clairs sont:
-Est ce que je mérite de gagner beaucoup d'argent? Pourquoi ne le mériterai-je pas? Reste à m'en convaincre.
-Apprendre à profiter de mon argent, à me faire plaisir, à faire profiter mes proches de cet argent.

Voilà autant de points sur lesquels je vais devoir travailler durant cette année. Au regard de l'analyse de la situation, j'ai l'impression que la réussite dans mon entreprise passe par la résolution de problèmes personnels plus profonds et assez anciens. Alors peut être que d'ici quelques années j'écrirai un livre qui expliquera comment le poker m'a aidé à me transformer.

vendredi 7 janvier 2011

Oui, j'ai réussi à passer l'année...

Quand je m'aperçois que je n'ai pas écris le moindre billet de puis le 06/12, je me dis que ce n'est pas sérieux. Et  en même temps, je n'ai pas d'ambition particulière à ce sujet. N'empêche que, la fin d'année est l'occasion de souhaiter de bonnes fêtes à ses lecteurs, de leur souhaiter une bonne année à venir, de faire le bilan de l'année passée. Mais aussi de se donner de nouveaux objectifs, de prendre des bonnes résolutions qu'on ne tiendra pas, ou pas longtemps, sauf miracle.

Retour sur Décembre:

J'ai très peu joué en Décembre. Mon moral est touché, j'ai arrêté le sport, je mange mal, je dors mal, et ce depuis fin Novembre. Du coup, je n'ai plus mes bons exutoires pour évacuer la frustration d'une mauvaise période au poker. La conséquence directe est catastrophique. J'ai à peu prêt une autonomie de deux mauvais coup (grosse main craquée, main mal jouée, mauvais set up) avant de tilter. En jouant six tables, ça dépasse rarement 30mn. Bref c'est injouable. C'est pourquoi je suis assez vite parti en vacances. Je jouerai (pas très bien) une session miracle (de 5h !!) pour me faire revenir à 0. 

Et puis je suis parti à Lyon, retrouver ma famille. Ma frangine, son copain, mes deux petits neveux, ma mère, mon père, pleins de cousins. Comme à chaque fois, la magie s'opère. La frustration disparaît. Mon rythme de sommeil et mon alimentation s'améliorent. Je prends le temps de méditer beaucoup de choses. Et je rentre gonflé à bloc.

Que dire de 2010 ?

2010 a été une année étrange, brouillonne. J'ai intensifié mon activité poker, mais sans vraiment de ligne directrice. J'ai switché entre le live et le online, entre le cash game et les tournois. J'ai regardé beaucoup de vidéos et lu pas mal de livres très intéressants. J'ai sans doute passé une ou deux semaines en cumulé à discuter poker avec Christophe aka Carte2Plomb et Yoren, les deux joueurs que je côtoie le plus. Ma compréhension du jeu s'est améliorée, mon jeu postflop s'est amélioré, ma prise de risque s'est améliorée, ma compréhension de l'univers poker et du métier s'est améliorée. Ma discipline, ma motivation, et ma détermination se sont améliorées.

J'ai joué 15 jours à Las Vegas et 20 jours à Marrakech. J'ai fait trois tables finales dans des épreuves live.

En cash Game, mon tracker affiche 70k mains jouées  2300€ gagnés pour 3000€ d'Ev espérés, et un taux horaire de 12€ de l'heure. Sur les 70k mains, j'ai joué 46k dans le dernier trimestre, et 40k en Octobre/Novembre. Sur les 9 premiers mois de l'année, je cumule 400 euros de gains, dont 350 en Février...

Par ailleurs, je ne me rappelle pas avoir joué plus que ça en tournoi online, ni d'avoir fait une perf digne de ce nom. 

Tout ça pour dire que même si l'année a été plutôt bonne, au niveau amélioration et résultats, je la trouve très insuffisante en terme de volume, d'organisation, de continuité par rapport au temps dont j'ai disposé. Et même si j'ai absorbé une grande quantité d'information durant l'année, j'ai rarement pris le temps de digérer cette information, de l'étudier, d'en tirer des conclusions. J'ai trop souvent fonctionné au feeling, et je me suis trop souvent laissé porter par les évènements, bons ou mauvais.

Vive 2011 !

J'ai rarement abordé une année aussi charnière que cette année qui arrive. (à suivre) (suspens) (lol)

mardi 7 décembre 2010

Retour sur la finale de la coupe Davis.

J'attendais avec impatience cette finale, pour beaucoup de raisons. Déjà parceque ce n'est pas tous les jours que la France a l'occasion de gagner un trophée majeur, quelque soit le sport concerné. De plus, j'avais eu l'occasion d'être à Toulon pour l'ouverture de cette campagne contre l'Allemagne. Enfin, parceque je m'attendais à une opposition intéressante.

Il y avait une énorme attente du coté Serbe. Ce jeune pays n'a que peu de trophée majeur. Peut être un en Basket. Tout un peuple a une confiance aveugle, à juste titre, en son jeune leader Novak Djokovic. Cela promettait une ambiance incroyable. Je pensais que les lieutenants, Troiki, Tipsarevic et Zimonjic, beaucoup moins connus, seraient portés par l'évènement, et évolueraient à un gros niveau.

Pour faire une bonne finale, il faut être deux. Les français ont montré de très belles choses lors de cette campagne. Que des victoires 3-0. Contre une faible Allemagne pour commencer. Puis contre l'espagne, certes privée de Nadal, mais avec Verdasco et Ferrer, tous les deux dans le Top 10 mondial. Et enfin, contre L'argentine d'un Nalbandian en regain de forme, et Juan Monaco 26e Mondial. 

En coupe Davis, les classements ne veulent plus dire grand chose. On joue pour son pays, en équipe, au meilleur des cinq manches. C'est très particulier. Il n'est plus question de classement moyen sur une année, mais d'être là au bon moment, le jour J, avec les copains. Il faut gérer la pression, son envie de bien faire, la crainte de décevoir. Il est très courant de voir des joueurs passer complètement à travers, et d'autres faire le match de leur vie.

La France avait montré de belles choses dans ce domaine. Après des débuts difficiles en coupe davis, Monfils semble avoir montré qu'il sait désormais gérer ce genre d'évènement. Tsonga n'a jamais eu de problème à ce niveau là. Llodra à souvent été entre bon et très bon en double, et m'a vraiment surpris sur ses deux simples contre l'Espagne et l'Argentine (victoires sur Verdasco et Monaco), puis sur sa fin d'année avec sa demi finale à Bercy: victoire sur Djokovic, défaite à un point prêt contre Soderling. Il obtient même son meilleur classement en simple en cette fin d'année, avec une 23e place au classement ATP. Depuis quelques mois, même Arnaud Clément semblait revenir à un meilleur niveau, comme boosté par l'odeur de l'évènement. Tout ce groupe encadré par un Forget et tout un staff qui a une culture énorme de cette compétition donnait de bonnes garantie d'être présent le jour J.

Plus je vieillis, moins je suis supporter franchouillard à fond derrière mon équipe, et plus j'aime les grosses confrontations entre deux équipes (ou deux joueurs) qui sont prêts physiquement et mentalement à donner le meilleur d'eux même. J'aime sentir les fluctuations d'emprise d'une équipe sur l'autre. La mise en place de schéma tactiques, les frustrations, les doutes. Je m'attendais à être comblé lors de cette finale.

Quelle déception, finalement. Au moins trois matchs ont été quasiment sans intérêt. Le Vendredi, Tipsarevic et Simon sont passés complètement à coté, dépassés par l'évènement, et ont été balayés par les deux solides No1, Monfils et Djokovic. Jamais ils ont réussi à se lâcher. Le Dimanche, Llodra est également passé à travers. Certes, il n'a pas été aidé par un Troiki en chaleur, qui a eu de plus beaucoup de chance avec les lignes et le filet. Mais Micka n'a pas été à son niveau, loin de là. Panne de 1ère balles, incapable de conclure les points au filet...

Le double a été plein de suspens, mais là encore, Clément et Llodra ont manqué les deux premiers sets, avant de monter leur niveau de jeu petit à petit. Et troiki a vraiment faibli en fin de match.

Seul le 4e match a été proche de mes attentes. Malgré le score, Monfils a été présent. Il a tenté beaucoup de choses. Mentalement, il a été présent du début à la fin, à changé plusieurs fois de tactique pour essayer de troubler Djokovic. Mais Novak est tellement fort. J'ai énormément d'admiration pour ce joueur. Il est très complet, défend très bien, sait faire le jeu, est bon au filet, sert bien. De plus, et ce n'est pas le moindre de ses atouts, il a un mental énorme, une putain de détermination. Il est quasiment impossible de le faire plier à ce niveau là, surtout pas lors d'une finale de coupe Davis, chez lui. 

Bravo les Serbes. Djokovic a été irréprochable, et Troiki a été dans la "zone" le bon jour au bon moment. Mais je suis triste pour les Français, car à mon avis, Simon et Llodra ont vraiment raté leur finale. J'espère qu'il s'en remettront. Pour les années à venir, je pense que la France a vraiment deux joueurs de simple énormes avec Monfils et Tsonga. S'ils arrivent à gérer leur saisons et à ne pas se blesser, ils sont largement au dessus des autres français mentalement. Pour le double, il y a pas mal d'options à partir du moment où Llodra est là. Mais j'espère qu'on ne vient pas de le perdre...



dimanche 5 décembre 2010

Semaine Off: un peu de recul.

Finalement, mardi, je n'ai pas eu envie d'y retourner. Mercredi non plus. Je me suis même laissé aller toute la semaine. Pas de sport, bouffe n'importe comment, sommeil décalé. C'est bien simple, je n'ai rien fait de ma semaine. Ça ressemble un peu à de la dépression ça, non ? En tout cas, chez moi, c'est les symptômes que: "y'a quelq' chose qui cloche là d'dans". Alors j'ai pris un peu de temps pour m'écouter; pour écouter la partie de moi qui visiblement se retrouvait de nouveau confronté à la tristesse et au doute.

Même si je faisais le fier à bras lors du dernier billet, il y avait quand même une partie de moi qui n'en pouvait plus de prendre toute cette déchatte en pleine face.

"Allez accroche toi, c'est pas grave c'est de la variance, ça va tourner. Tu joues bien, tu te bats comme un chef, tu ne fais que peu d'erreurs, tu reste concentré et tu choisi bien tes tables. Continue, ça va payer, etc...

Au bout d'un mois et 25k mains, stop. Le discours ne porte plus. Est ce que ce n'est que de la malchance? Mon edge est il si bon que ça? Est ce que je ne me fais pas exploiter par les regs en permanence? Est ce que je vais réussir à dégager assez de profits pour en vivre d'ici 12 mois... etc.

Certes, je peux comprendre la partie de moi qui doute. Quasiment toute la semaine, j'ai laissé mon graph du mois affiché sur un de mes deux écrans... Pourquoi faire?? Pourquoi je ne fermais pas Holdem Manager, alors que je ne jouais pas. D'habitude, je le ferme même entre deux sessions...
Graphe Novembre
Graphe Octobre

Je pense que je voulais me montrer que depuis les 4000 premières mains difficiles, la courbe d'Ev est vraiment solide. Il y a des downswings, une période assez plate, des rushs. Après au niveau des spots trouvés, je n'ai pas l'impression que ça ait été très bon, mais pas horrible non plus. Donc je pense que c'est une raison d'espérer. 

Ensuite, j'ai vraiment beaucoup aimé la façon dont j'ai géré les 20k mains suivantes. J'ai rarement été plus weak que d'habitude. J'ai rarement été beaucoup plus agressif, ni plus ou moins loose que d'habitude. J'ai vraiment été très souvent proche de mon A-Game, mon meilleur jeu. J'ai parfois été dans mon B-Game. Je me souviens de périodes ou je me disais régulièrement "Bet moi ça" alors que je venais de checker par exemple. Ou alors d'autres ou je me rendais compte que je mettais de l'argent mort dans un pot que je ne pourrais que rarement défendre profitablement. J'ai eu une période de C-Game en début de mois. La deuxième en deux mois, les deux fois en début de période.

Cette période correspond à un syndrôme "Reprise après une coupure". Ce mois ci, j'ai ajouté la difficulté de la montée de limite.

La montée de limite: En fait, il ne faut rien changer. On trouve les mêmes catégories de joueurs. Il y a moins de fishs, moins de "mauvais" regs, et les meilleurs sont plus fort. Après, les spots restent les mêmes, les principes de base aussi. Donc il n'y a rien à changer. Il suffit d'être bien concentré sur les types de joueurs, les situations. J'ai pris la mesure, et j'espère faire la montée à l'étage au dessus plus sereinement.

Le début de période: je pense reprendre plus bas. Peut être même en NL25. Un truc genre 1k de NL25 puis 1k de NL50 pour reprendre des sensations de manière moins violente, et baisser le prix des erreurs. De plus, le fait de reprendre plus bas me sensibilisera à pourquoi je joue ces limites, et donc à être plus vigilant.

Ensuite, le C-Game s'est limité à quelques mains par ci par là. Peut être 10 mains sur 20k mains où je me dis... "tsss, j'ai fait n'imp' là." J'ai eu 10 minutes de tilt sur une fin de session. Je l'ai senti. Je me suis vu engager des 100bb deux fois dans des spots ou je ne paye pas d'habitude. Les deux fois je suis devant et je gagne le coup. Une des deux fois le spot n'est pas si horrible que ça, peut être même standard, c'est proche je pense. Toujours est il que vu que j'ai payé impulsivement les deux fois, j'ai préféré quitter, même si en l’occurrence, ça m'avait été profitable. Du coup, je trouve que j'ai super bien géré le coup.  Sur la session suivante, la pire de ma vie je pense, j'étais à fleur de peau. Mais j'ai joué trois heures (forme de tilt vu mes règles), environ 2000 mains, en ne faisant "que" deux grosses erreurs dans une tempête infernale. A part ça, je suis resté très solide. D'un coté j'en suis fier car ça me montre que je suis capable "d'encaisser". D'un autre coté, c'est stupide. Car au poker, il n'y a rien de plus simple que de sortir d'une tempête. En un clic, on se fait une bonne pause d'une heure et demie, on digère le truc, et on laisse retomber la frustration avant de relancer une autre session tranquilou. De plus, je me souviens que j'avais trois tables sur six qui étaient vraiment bonnes, alors tant que je restai solide, et vu que je trouvais des spots, je me suis accroché. Mais ces deux mains en question, c'est vraiment 150bb de gâchées.

Finalement, en regardant tout ça, je me dit que finalement c'était un excellent mois. Je pense avoir mieux compris l'effet montée de limite, et le phénomène variance. J'ai fait des erreurs que j'ai identifiées. J'ai pris contact pour la première fois de ma vie avec un environnement vraiment hostile prolongé. J'ai identifié beaucoup de points à travailler pour améliorer mon A-Game. J'ai trouvé un nouveau livre, (merci Morgan), ainsi qu'une série de vidéos sur DeucesCracked, le tout de Tommy Angelo, pour combattre justement tout ce que peut nous empêcher de jouer notre meilleur jeu. Ca me va me donner de nouveaux axes de travail. Si on rajoute que cette formation m'a rapporté 450€, le constat est nettement meilleur que "Sick, je run so bad", ou encore "Mon vié, je ne suis qu'une merde, qu'est ce que je vais faire de moi".





Voilà je pense que cette analyse est honnête, et je l'espère lucide. J'espère reprendre très vite sur de bonnes bases dès demain. : on se reconcentre, et on se remet au boulot. Ou encore, "J'y retourne immédiatement".